Pascal MARTINhttps://blog.pascal-martin.fr/développement Web & PHPfr2017-12-11T06:41:37+00:00© Pascal MARTINhttp://blogs.law.harvard.edu/tech/rsssculpin.ioUn carnet pour noter ses mots de passe. Une idée de cadeau de Noël ?https://blog.pascal-martin.fr/post/un-carnet-pour-noter-ses-mots-de-passe-une-idee-de-cadeau-de-noel.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/un-carnet-pour-noter-ses-mots-de-passe-une-idee-de-cadeau-de-noel.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/un-carnet-pour-noter-ses-mots-de-passe-une-idee-de-cadeau-de-noel.html2017-12-10T00:00:00+00:00Pascal MARTINsecuriténoelPlusieurs fois par an, souvent à l’approche de Noël, je vois passer des tweets comme celui-ci (voici quelquesautresexemples) :

Tweet de @manu_thy

Ces tweets sont étonnés ou effrayés, ou énervés, ou un peu moqueurs. Je ne jette pas la pierre à leurs autrices et auteurs, qui pensent sans doute — et à raison — que noter des mots de passe dans un calepin, ce n’est pas très sécurisé. Je me suis moi-même esclaffé plusieurs fois à la vue d’accessoires de ce types, j’avoue1.


Quand nous parlons de mots de passe à notre entourage ou aux utilisateurs de nos applications, nous rappelons souvent qu’il faut éviter d’utiliser le même mot de passe sur plusieurs services2. Et nous leur disons aussi que chacun des mots de passe choisis doit être solide.

En effet :

  • Utiliser le même mot de passe sur plusieurs services, c’est s’exposer à ce que tous ces comptes soient vulnérables dès que l’un d’entre eux se fait pirater. Ou quand la base de données d’un site stockant ses mots de passe de manière non sécurisée fuite sur Intenet. Ca arrive. Souvent.
  • Des mots de passe hyper-simples (et on sait que c’est utilisé, tellement souvent !), ça ne protège pas du tout. À quoi sert un mot de passe que n’importe qui peut deviner en quelques minutes ? Et un pirate peut essayer jusqu’à des centaines de milliers de mots de passe par minute !
  • Enfin, n’oublions pas que certains comptes (comme votre messagerie) donnent accès à plein d’autres (ne serait-ce que par le biais de la fonctionnalité “mot de passe oublié” qui déclenche souvent l’envoi d’un mail). Il est donc primordial de les sécuriser efficacement.

Reste qu’un mot de passe robuste et différent pour chaque site, c’est bien galère à retenir — alors que c’est le mieux pour la sécurité. Finalement, pour pouvoir retenir des dizaines de mots de passe différents et solides, il est indispensable de les écrire quelque part.


Quelques idées de solutions ?

  • Un fichier texte sur le bureau du PC ? Ce n’est pas tout à fait bien sécurisé : si le PC est “hacké”, les mots de passe en clair dans un fichier simplement accessible… Pas terrible !
  • Un gestionnaire de mots de passe avec un mot de passe maitre complexe (c’est ce que j’utilise) : oui, c’est l’idéal. Reste à prendre en compte des problèmes éventuels comme la synchronisation entre plusieurs machines ou l’oubli du mot de passe maitre. Et, non, l’utilisateur moyen n’utilisera pas un outil dans le cloud ou payant.
  • Des post-its autour de l’écran ? Ils vont se décoller (vous avez essayé des post-it qui restent collés pendant des années ?), vous allez les perdre, ce n’est pas une solution adaptée si on a un laptop dont on ferme l’écran, vous aurez du mal à les emporter en vacances avec l’ordinateur, …


Alors, finalement, un carnet dans lequel noter les mots de passe, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée ?

Et puis, en cherchant un peu, on trouve plein de possibilités \o/


Je vois au moins deux avantages à utiliser un carnet pour noter les mots de passe :

  • Avoir des mots de passe complexes est plus facile que si vous devez les mémoriser.
  • Et cette approche vous permet de retenir plus de mots de passe différents — peut-être même jusqu’à un par site ou application ?

En fait : ces deux points correspondent exactement aux recommandations que l’on fait régulièrement à notre entourage, non ?


Et le risque, c’est quoi ? Qu’un cambrioleur vienne chez vous pour voler votre carnet de mots de passe ?

Sérieusement, il y a plus de chances qu’il reparte avec votre iphone ou votre TV ou votre ordinateur, ou votre boite à bijoux, ou même votre album de pièces ou de timbres de collection3 !

Et si quelqu’un souhaite vous attaquer vous spécifiquement, il y a plus de chances qu’il passe par un peu d’ingénierie sociale que par un cambriolage à la recherche de votre carnet.


Alors, pourquoi se moquer de ces carnets faits pour noter ses mots de passe ? Je ne suis pas le seul à penser qu’ils sont, pour de nombreuses personnes, une approche qui n’est pas à exclure :

Tweet de @flyosity

Je suis d’accord, un carnet est moins sécurisé qu’un véritable gestionnaire de mots de passe avec stockage chiffré, si vous pouvez en utiliser un. Mais pour 80% des gens autour de nous, je suis convaincu que c’est plus facile à utiliser et que ça les aiderait à sécuriser leurs mots de passe — un peu plus que ce qu’ils font aujourd’hui !


D’ailleurs… Avant de savoir ce qu’était un gestionnaire de mots de passe et de commencer à en utiliser un, j’ai pendant plusieurs années moi-même noté tous mes mots de passe sur une feuille de papier, soigneusement rangée dans un placard — et c’était infiniment plus sûr que le mot de passe simple que j’utilisais partout auparavant !

Du coup, pour conclure : qu’offrez-vous à vos proches pour Noël ?



  1. Se moquer ou critiquer, c’est facile. Comprendre pourquoi ça l’est moins. Admettre que forcer nos utilisateurs à créer et mémoriser des dizaines de mots de passe est peu sympathique est encore plus difficile. Et inventer et mettre en place une meilleure solution, je n’en parle même pas ! ↩︎

  2. De la sorte, si un service se fait syphonner sa base de données, mots de passe (mal-protégés) inclus, les pirates ne pourront pas juste ré-utiliser ces informations pour accéder à un compte sur d’autres services. ↩︎

  3. C’est arrivé il y a quelques semaines dans le village où habitent mes parents : une maison un peu isolée a été cambriolée, les albums de timbres de collection sont une des seules choses avec lesquelles sont repartis les voleurs. ↩︎

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Speaker : mais je n'ai rien à dire…https://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-mais-je-n-ai-rien-a-dire.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-mais-je-n-ai-rien-a-dire.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-mais-je-n-ai-rien-a-dire.html2017-09-26T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceVous avez des choses à dire !

Voici quelques mots que j’ai déjà écrits il y a quelques mois :

Vous pensez n’avoir rien à dire ? Je suis convaincu que c’est faux ! Si vous êtes en train de lire ce post, c’est que vous êtes curieuse ou curieux, que vous aimez ce que vous faites et j’ai donc du mal à croire que ne fassiez rien d’intéressant !

Je suis conférencier une ou deux fois par an depuis bientôt dix ans, je participe à l’organisation de l’AFUP Lyon et je parle souvent avec des gens qui me disent qu’ils aimeraient bien donner une conférence, mais qu’ils n’ont pas d’idée.

J’aime donner des conférences et partager du savoir. Mais ça ne m’empêche pas de me retrouver régulièrement en mode « qu’est-ce que je pourrais bien dire ?». Voici quelques pistes.

Une idée ? Notez-là !

Je souhaite cuisiner un plat de lasagnes pour ce weekend. Je veux mettre une couche de béchamel sur mes lasagnes. « Je dois acheter du lait !»1. Je rentre le soir avec mon sac de courses. Je n’ai pas acheté de lait.

Je suis capable d’oublier d’acheter du lait alors que je parcourais ma recette une demi-heure plus tôt. Dans six mois, au moment de répondre au CfP, j’aurai oublié la super idée de conf à laquelle je viens de penser !

Sérieusement, on a tous autre chose à penser. Donc, notez les idées qui vous passent par la tête !

Réfléchissez avec vos collègues

Les conférences auxquelles je participe offrent l’entrée aux speakers, voire payent leur déplacement et leur hébergement. Autant de dépenses pour lesquelles vous n’aurez pas à soumettre de note de frais. 40 minutes sur scène à parler de ce que votre équipe fait tous les jours, c’est un très bon moyen de montrer que votre entreprise fait des trucs cools et de donner envie à quelques membres du public de la rejoindre !

Bloquez une demi-journée avec tous vos collègues2, collez-vous dans une salle de réunion3 et posez-vous des questions :

  • Cette année, sur quels projets avons-nous bossé ? Lesquels étaient cool techniquement ? Ou ont apporté de la valeur à notre équipe ? Ou à l’entreprise ?
  • Quels problèmes avions-nous il y a deux ans ? En avons-nous réglé un ? Comment nous y sommes-nous pris ?
  • Avons-nous utilisé un nouveau quelque chose pour un de nos projets cette année ? Avons-nous rencontré des difficultés particulières ? Pourrions-nous aider d’autres équipes à les éviter ?
  • Nous utilisons tel outil depuis maintenant deux ans. Quel retour d’expérience pouvons-nous partager ?

Objectif : arriver toutes et tous à un ou deux sujet(s). Ça peut être des idées de conférences courtes, de conférences longues, d’ateliers. Ça peut être en solo ou en duo. Ça peut être ciblé pour un évènement ou pour un autre. Mais allez jusqu’à des sujets prêts, qu’il ne reste plus qu’à soumettre en réponse aux différents CfP lorsqu’ils seront ouverts. Vous pouvez aussi noter des pistes de sujets pour l’année suivante, quand vous aurez acquis plus d’expérience sur certains points !

Sur les quatre dernières années, nous avons suivi cette approche deux fois avec mes collègues chez TEA. À chaque fois, nous avons toutes et tous4 donné au moins une conférence à Paris Web ou à Sud Web, au Mix-IT, au Forum PHP ou au PHP Tour.

Discutez avec d’autres développeurs !

Appliquez cette approche ailleurs qu’au bureau !

Vous allez à des meetup de temps en temps ? Vous profitez de l’occasion pour discuter avec les intervenants ou d’autres membres du public après la présentation ? Parlez de ce que vous faites au bureau, de ce que vous faites en projets perso, ou de R&D. Si les personnes en face de vous ont l’air intéressées, peut-être que d’autres le seront également ;-)

Sollicitez l’avis des organisateurs5, y compris sur des évènements locaux : ils ont l’habitude de voir passer des sujets de conférences, ils cherchent souvent des speakers et ils se connaissent les uns les autres ;-)

Lorsque vous participez à des discussions sur Twitter, même chose : si vous savez répondre à quelques interrogations, vous pourriez peut-être aussi partager avec d’autres membres de votre communauté ? Sauter de la conversation Twitter à une conférence est un grand pas, OK, certes. Commencez par un article de blog, alors ! Ça vous poussera à fouiller plus profondément dans le sujet, c’est un premier pas moins effrayant et vous participerez tout de même au partage de la connaissance6.

Tenez à jour votre liste de sujets

Préparer une réponse à un CfP peut demander plusieurs heures, même pour un seul sujet ! Si le CfP se termine ce soir et que vous ne vous réveillez que maintenant, ça peut être compliqué — et, encore une fois, vous penserez « boah, allez, l’année prochaine ».

Pour m’aider, j’ai un document qui liste des idées de sujets. Pour certains, je n’ai qu’un titre provisoire. Pour d’autres, j’ai un ensemble d’idées dont j’aimerais parler. J’ai aussi des notes pour quelques sujets classés « pas prêt » sur lesquels je repasse de temps en temps pour voir si je peux les approfondir. Pour les derniers, j’ai une réponse prête, que j’aurai qu’à affiner pour répondre aux attentes et spécificités d’un évènement ou d’un autre.

En parcourant ce document, que je fais vivre depuis maintenant trois ou quatre ans, je note qu’il contient :

  • 6 sujets déjà présentés (une ou plusieurs fois, dans un format ou un autre) ;
  • 5 sujets prêts et déjà proposés ;
  • 3 sujets prêts, mais jamais proposés ;
  • 5 sujets dont je n’ai qu’une idée de titre ou « pas prêt ».

Certains de ces sujets sont en français, d’autres en anglais. Ils existent parfois dans les deux langues. Et ce document vit : je repasse régulièrement sur quelques sujets pour les affiner, j’en ajoute d’autres, j’en supprime certains… Et, systématiquement, je m’assurerai qu’un sujet colle avec le contexte d’un évènement avant de le poster en réponse à un CfP !

Ce document contient également ma bio à jour7, en anglais et en français, ainsi qu’un paragraphe d’informations complémentaires. Elle vit elle aussi depuis plusieurs années, et l’avoir sous la main permet de gagner pas mal de temps lorsque j’en ai besoin ^^.


Je peux comprendre que ne souhaitiez ou puissiez pas passer des dizaines d’heures à préparer une conférence. Mais, puisque j’ai commencé cet article en me répétant, je vais finir en me répétant à nouveau : vous avez des choses à dire !


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Je ne bois pas de lait et n’en ai donc pas en réserve chez moi. Quand je souhaite en utiliser, je dois donc penser à en acheter. ↩︎

  2. En fonction de votre entreprise, ça peut être les membres de votre équipe technique. Incluant ou non les manageurs (mais il peut être bon de leur communiquer les sujets avant de les soumettre). Peut-être même voudrez-vous inclure des personnes moins techniques à votre réflexion ? ↩︎

  3. Vous pouvez aller au café du coin ou vous poser dans la pelouse sous un arbre ;-). L’idée est d’être au calme, de ne pas être interrompu pendant que vous réfléchissez et de pouvoir construire vos sujets, peut-être en itérant dessus plusieurs fois. ↩︎

  4. Celles et ceux qui souhaitaient donner au moins une conférence — c’est-à-dire la quasi-totalité de l’équipe technique. Ça peut être différent chez vous, bien sûr. ↩︎

  5. Je l’ai déjà dit et redit : les orgas sont vos amis ! ↩︎

  6. Et qui sait ? Une fois que vous aurez écrit quelques articles de blog, vous en saurez plus sur votre sujet. Vous aurez alors peut-être suffisamment de matériel et de confiance en vous pour passer à une autre forme de partage ? Ou peut-être que quelqu’un qui aura appris de vos articles vous poussera à vous lancer ? En fait, c’est exactement comme ça que j’ai été poussé à donner ma première conférence ! ↩︎

  7. Comme pour les sujets de conférences, je retouche généralement légèrement ma bio à chaque utilisation, en fonction de l’événement et des sujets que je présenterai peut-être. Mais, au besoin, je peux toujours rapidement envoyer la version courante. ↩︎

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Speaker : à qui offrir des livres à la fin de ma conférence ?https://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-a-qui-offrir-livres.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-a-qui-offrir-livres.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-a-qui-offrir-livres.html2017-09-19T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceDepuis que j’ai coécrit le livre « PHP 7 avancé », j’en ai plusieurs fois offert à des membres du public, à la fin de conférences. Sur d’autres évènements1, les organisateurs demandent au speaker de choisir à qui donner les quelques livres qu’ils ont à distribuer.

La première fois, j’ai fait comme tout le monde : j’ai donné les deux ou trois livres que j’avais aux personnes qui avaient posé les meilleures questions. Ainsi, un exemplaire est allé à Thomas qui a commencé sa question par « je suis l’auteur d’un des articles de blog dont vous avez parlé pendant la conf »2.


Mais, après coup, j’ai réalisé que d’autres personnes dans la salle auraient pu apprendre plus que lui de notre livre. Par la suite, je me suis souvenu de ce que j’ai écrit dans mon article « la séance de questions / réponses » :

Parler en public est difficile et n’est pas naturel. Poser une question, c’est prendre la parole devant plusieurs dizaines ou centaines de personnes. Ceux qui ont des questions intéressantes n’osent donc souvent pas les poser.

Les fois suivantes, je n’ai pas donné de livre en fonction des questions.

À la place, j’ai choisi deux autres approches :

  • À l’entrée de la salle, j’ai donné un numéro à chaque visiteur3. À la fin de ma présentation, j’ai tiré au sort un de ces numéros et j’ai donné un livre à la personne correspondant.
  • Pour les livres suivants, j’ai demandé aux étudiants présents dans la salle de lever la main et j’ai donné un livre à chaque groupe de mains levées, considérant que chaque groupe devait venir d’une école différente4.

La première approche a plusieurs avantages : distribution aléatoire (pas de risque de choisir quelqu’un que je connais), un peu de côté fun du tirage au sort, pas de discrimination. J’ai à chaque fois précisé que je souhaitais que mon livre serve et soit lu et qu’il ne fallait pas hésiter à le partager avec des collègues au bureau. Mais cette approche ne garantit pas que le livre parte à quelqu’un qui apprendra des choses5.

La seconde approche est carrément discriminante : je sélectionne un sous-ensemble précis du public (les étudiants) et je retiens ensuite une personne (je n’y ai pas réellement réfléchi, mais je pense que je choisis quelqu’un qui croise mon regard). Mais j’assume mon choix : je suis le speaker, j’ai le droit6 de choisir à qui je donne le livre qui m’a été confié. Encore plus quand j’en suis coauteur.


Alors, si vous êtes bientôt conférencière ou conférencier, vient le moment de m’excuser, parce que je vais vous demander encore une chose de plus…

Si vous distribuez des livres à la fin de votre conférence, pensez à qui ils apporteront le plus, demandez-vous à qui vous allez les donner ;-)


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. J’ai déjà vu cela au Forum PHP et au PHP Tour organisés par l’AFUP : il est fréquent que des éditeurs donnent quelques exemplaires pour le public, cela fait de la publicité. ↩︎

  2. Son article à propos de la migration vers PHP 7 de Dailymotion était très intéressant et nous avons longuement discuté ensuite. ↩︎

  3. Je l’ai déjà dit : les orgas sont vos amis ! Une fois, les orgas avaient imprimé des badges pour chacun et je leur ai demandé de m’aider à écrire des numéros derrière. Une autre fois, ils ont accepté de tenir un registre à l’entrée de la salle, en inscrivant le nom de chaque personne qui entrait en face de son numéro d’ordre. ↩︎

  4. En discutant avec plusieurs étudiants lors de l’apéro qui a suivi cette conférence, ils me l’ont confirmé. ↩︎

  5. Si Julien, Cyril et moi avons passé un an à bosser sur un livre, c’est pour que nos lecteurs apprennent quelque chose ! Et un livre de presque 700 pages demande un peu de temps pour se plonger dans sa lecture ;-) ↩︎

  6. J’ai le droit… Ou je le prends. Encourager des étudiants me semble être bien. Et en généralisant outrageusement à partir de mon expérience, je me dis qu’un étudiant ou une étudiante a moins de moyens pour s’acheter un livre que quelqu’un qui bosse et qui pourrait en plus se le faire payer par son entreprise ! ↩︎

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Arrêtez de me demander ma date de naissance !https://blog.pascal-martin.fr/post/arretez-de-me-demander-ma-date-de-naissance.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/arretez-de-me-demander-ma-date-de-naissance.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/arretez-de-me-demander-ma-date-de-naissance.html2017-09-12T00:00:00+00:00Pascal MARTINhumeurPour mon plus grand (dé)plaisir, je reçois régulièrement des mails qui me souhaitent « Bon Anniversaire ! ». En réalité, je suis content quand on pense à moi, hein ! Sauf que ces mails arrivent n’importe quand dans l’année. J’en reçois plus en 364 jours que le jour de mon anniversaire !

Une fois la surprise passée, je regarde l’expéditeur : un site Internet quelconque1. Sur lequel j’ai un jour créé un compte2. Où j’ai dû saisir une date de naissance pendant le processus d’inscription.


Sauf rares exceptions3, si un formulaire d’inscription me force à saisir une date de naissance, je vais juste saisir n’importe quoi. Le premier triplet jour/mois/année proposé par les listes déroulantes. Ou un coup de molette et un clic au hasard. Ou les touches qui seront sous ma main tombant sur le pavé numérique.

Pourquoi est-ce que votre site aurait besoin de connaitre ma date de naissance ? Sérieusement ? Qu’est-ce que vous fournir ma date de naissance va m’apporter à moi ?

Vous allez m’envoyer des mails non sollicités ce jour-là, je n’en aurai que faire et je perdrai du temps à les classer en spam — jusqu’à ce que vous soyez automatiquement reconnu comme tel systématiquement. Et je n’achèterai pas plus que sans ce mail inutile. Au contraire.

Ou alors, vous souhaitez vous assurer que je suis bien majeur. Je vais juste choisir une année en haut ou en bas de la liste déroulante correspondante et voilà, problème réglé. Ou alors, lassé d’avoir des abandons dans votre tunnel d’achat, vous n’aurez mis dans cette liste que des années garantissant que tout inscrit donne l’impression d’être majeur. De toute façon, si quelqu’un veut utiliser votre site, il le fera : c’est comme vos CGV, personne ne les lit, soyons honnêtes…


Quand je râle à ce sujet, on me répond souvent que le champ « date de naissance » est optionnel et que je ne suis pas obligé de le remplir.

Formulaire d’inscription avec une date de naissance "optionnelle"

Je suis devant un écran tous les jours pendant 10 heures ou plus et même si je dois être un peu trop vieux pour être classé dans la case « digital native »… Si je ne réalise pas qu’un champ de formulaire est optionnel, je ne suis certainement pas le seul ! Mais c’est peut-être fait exprès ?


Bon, ça s’applique aussi pour d’autres informations. Très souvent, je doute que le site sur lequel je m’inscris ait besoin de connaitre ma civilité, mon nom et mon prénom. Et je m’appelle donc Aaaa4 sur plus de sites que je ne saurais compter.

Ou alors le numéro de téléphone. Je donne aussi rarement que possible mon numéro de téléphone, puisqu’il permet de me déranger de manière fort intrusive5.

Formulaire d’inscription avec un numéro de téléphone "optionnelle"

Par contre, 0123456789, ça se tape très bien et c’est un numéro bien formé et quasiment toujours accepté par les validations de formulaire…

Voire même l’adresse postale. Alors qu’elle essayait d’acheter un bien numérique, une étape du tunnel de commande demande à ma maman de saisir son adresse postale. Elle s’est arrêtée et m’a demandé « Mais ils vont m’envoyer quelque chose ? ». Le site lui demandait de saisir son adresse (en tout petit) de facturation. Mais pourquoi ? Aucune facture papier ne lui a été envoyée, hein.


Bref. Arrêtez de me demander de saisir 25 informations dans vos flutain de formulaires ! C’est galère à saisir. Encore plus sur mobile. Au point que je laisse parfois tomber ! Vous perdez des utilisateurs et des ventes. Et je n’ai pas envie de vous donner des informations personnelles dont vous n’avez pas besoin !



  1. Un site sur lequel je souhaitais acheter un produit et où j’ai donc créé un compte. Un média social où j’ai un compte (utilisé ou non). Mais un site légitime où j’ai donc utilisé ma vraie adresse mail (contrairement à ce que je fais sur plein d’autres sites). Ou alors, un site moins sérieux où j’ai commis l’erreur d’utiliser une de mes vraies adresses mail. ↩︎

  2. Bien souvent, un vrai compte, que j’ai moi-même volontairement créé. Je ne parle pas ici de spammeurs qui envoient des mails au hasard↩︎

  3. Il doit bien y avoir un ou deux formulaires où je saisis ma vraie date de naissance. Parce que j’estime que la donner a un intérêt (réel) pour moi. Encore que, assez souvent, je renseigne le bon jour et mois, mais pas la bonne année ^^. ↩︎

  4. Avec plus ou moins de "a" suivant mon degré d’énervement ^^ ↩︎

  5. Encore faut-il que mon téléphone soit à proximité et sur sonnerie, c’est-à-dire en gros jamais. Ou alors peut-être la nuit et si vous me réveillez pour une ânerie, je risque de ne pas être d’humeur à vous répondre aimablement ^^ ↩︎

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Speaker : quel format et quelle durée pour ma conférence ?https://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-format-et-duree.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-format-et-duree.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-format-et-duree.html2017-09-07T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceIl se peut que vous ayez à choisir la durée de votre conférence. Peut-être devrez-vous indiquer celle-ci lorsque vous répondrez à un CfP ? Le format de votre intervention dépendra d’ailleurs partiellement de cette durée. J’ai moi-même vu ou pratiqué une demi-douzaine de durées différentes.

Le lightning talk : ~5 minutes

Certains évènements proposent une suite de plusieurs lightning talks, de quelques minutes chacun1. Ils sont souvent utilisés pour clore une journée avec des sujets plus détendus, ou des présentations aux sujets un peu plus éloignés de la ligne éditoriale de l’évènement.

La durée d’un lightning talk est généralement strictement fixée : vous serez coupé une fois celle-ci écoulée, pour laisser place à la personne qui passe après vous. Vous devez donc parfaitement maitriser votre timing !

Si vous souhaitez vous lancer2, trouvez un sujet bien ciblé ou orienté détente, puis répétez encore et encore, en itérant à la fois sur la durée et sur le contenu. Celui-ci doit être suffisamment percutant pour attiser la curiosité du public (et lui donner envie de fouiller par lui-même plus longuement par la suite), tout en demeurant suffisamment accessible pour être compris presque instantanément. Dans la même logique, si vous projetez quelques slides, limitez leur nombre, pour qu’ils restent affichés suffisamment longtemps pour être compris.

La conférence courte : 15-20 minutes

C’est un des deux types de conférences que je vois le plus souvent lors des évènements auxquels j’assiste ou je suis conférencier : entre 15 et 20 minutes, parfois avec un peu de temps pour quelques questions du public.

J’aime beaucoup ce format : il permet de présenter en profondeur un point bien spécifique3, ou, à l’inverse, d’effectuer un large balayage de surface4.

Ce format est souvent choisi par les speakers qui sont sur le point de donner leur première conférence5, puisqu’il semble plus accessible et moins effrayant que d’autres. Deux arguments que j’entends souvent sont « si le sujet n’est pas intéressant, le public m’en voudra moins que si j’avais duré 3/4 d’heure » et « pour une première fois sur scène, 20 minutes, ça me semble plus facile ».

La conférence de 40 minutes à 1 heure

Le format le plus classique est une conférence longue : généralement, entre 40 minutes et une heure.

Sur cette durée, vous pouvez raconter une histoire, partager un retour d’expérience, donner de nombreux détails et présenter plusieurs points en profondeur, voire même reproduire quelques exemples de code.

Au rang des difficultés qui viennent avec ce type de conférence, il faut veiller à ne pas parler trop vite pour ne pas durer moins longtemps que prévu6 et, surtout, il ne faut pas endormir le public ! Être deux intervenantes ou intervenants et se passer régulièrement la parole est une approche qui fonctionne souvent assez bien sur ce point.

Cette durée permet de rentrer en profondeur dans votre sujet. Vous pourrez présenter une problématique puis détailler les solutions mises en œuvre. Pour peu que le sujet intéresse le public, il devrait apprendre des choses ;-)

Le format long : une heure et demie

Il est très rare de voir des conférences plus longues. Le public n’a quasiment aucune chance de rester concentré pendant plus de 45 minutes sur un sujet. Les organisateurs ne peuvent caser que peu d’interventions aussi longues sur une journée. Et si une intervention d’une heure et demie est endormante, c’est compliqué pour le public ^^.

En fait, les seules fois où j’ai vu ou donné des conférences de ce type, c’était sur des évènements gratuits, en soirée, quand les organisateurs avaient fait venir une conférencière de loin et avaient donc dû trouver un financement pour le déplacement et l’hébergement7. Dans ces circonstances, il faut rentabiliser.

Sur une présentation aussi longue, une approche qui peut marcher est de placer quelques petits travaux pratiques ici et là, pour les personnes dans le public qui ont pris leur ordinateur. Une autre idée est de ne pas donner une seule longue conférence, mais plusieurs plus petites qui se succèdent, sur des sujets proches et liés, mais toutefois différents. Un peu d’humour de temps en temps, ainsi que des questions posées au public ici et là, aident à garder la salle éveillée.

Parler pendant une heure et demie est fatiguant et difficile lorsqu’on n’a pas l’habitude — et ce n’est pas ce qu’on fait tous les jours au bureau. C’est un exercice intéressant, mais je le déconseille à quelqu’un qui n’aurait pas déjà donné quelques conférences auparavant ;-)

L’atelier : une demi-journée

En parallèle des conférences ou lors d’autres évènements, vous aurez peut-être l’option d’animer un atelier. En général, une dizaine de personnes, dans une salle de taille plus réduite, pour une demi-journée ou une soirée. C’est l’occasion d’échanger plus longuement avec les participants8, d’étudier un sujet plus en profondeur et de mettre en application le savoir plus théorique qui a peut-être été présenté lors d’une autre conférence.

Chaque participant vient avec sa machine et il vous faudra voir (le plus tôt le mieux) avec les organisateurs si vous avez besoin d’une connexion Internet, d’un switch réseau ou d’un second projecteur, de rallonges électriques… Anticipez au maximum l’installation des machines de chacun9 pour perdre le moins de temps possible au début de l’atelier. Prévoyez également quelques solutions de repli : serveur sur votre machine si la connexion Internet est défaillante, connexion 3G de secours, clés USB avec les différents logiciels requis…

Pour un atelier, j’aime travailler avec des slots de 25 à 30 minutes. Chacun de ces slots commence par quelques minutes de théorie, puis l’énoncé d’un exercice pratique, avant de passer à la réalisation de celui-ci10 et enfin, une proposition de correction11. Il est important de faire des vraies pauses (où chacun quitte physiquement sa machine) et d’avoir le corrigé de chaque slot disponible (par exemple, sur github) pour permettre à ceux qui ne réussiraient pas un exercice de repartir du corrigé pour le suivant. Enfin, pensez que le niveau des participants peut être très variable et simplifiez donc à l’extrême12 tout ce qui ne constitue pas le cœur de chaque exercice.

Enfin, une note pour les organisateurs : les places (en nombre limité) partent souvent très vite, mais elles sont souvent prises par les mêmes personnes13, qui ne sont pas toujours celles qui apprendront le plus lors de l’atelier. Est-ce que réserver deux places à des étudiants, en communiquant auprès d’une école d’informatique locale, ne serait pas intéressant ? Cela aiderait à attirer du nouveau public, à partager le savoir et à intégrer des futurs professionnels de nos métiers à la communauté…

La formation : plusieurs jours

Pour terminer : c’est un peu différent de la conférence et je n’en parle donc pas plus longuement, mais c’est assez similaire à l’atelier, avec un mélange de théorie et de pratique. J’ajouterais que donner une formation est très intéressant, puisque cela permet d’échanger, longuement, avec chaque participant.

Si vous avez déjà animé un atelier et que vous avez aimé, il y a de bonnes chances que donner une formation vous plaise également — et inversement !


Bref, au moment de répondre à un CfP, vous avez le choix entre plusieurs formats et durées. Avez-vous envie d’entrer en détail dans un sujet ? De raconter une histoire plus longue ? Ou souhaitez-vous plus de pratique et d’échanges ? À vous de choisir ;-)


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. J’ai souvent vu des LT de 5 minutes. Je crois me rappeler d’un évènement où chaque présentation durait 7 minutes. ↩︎

  2. Je n’ai jusqu’à présent (septembre 2017) jamais moi-même présenté de lightning talk : le format m’effraie quelque peu, d’autant qu’il me faut habituellement quelques minutes sur scène avant de me détendre ^^. ↩︎

  3. Comme exemples de conférences courtes ciblées sur des sujets techniques bien spécifiques, je pense à « Les flux : méconnus et sous-utilisés, Forum PHP Paris, 23 novembre 2015 » ainsi qu’à « Sysdig : une introduction, AFUP Lyon, 21 septembre 2016 »↩︎

  4. Pour une conférence courte en mode balayage d’un sujet, je pense à « Le café, cette drogue qui propulse nos métiers, AFUP Lyon, 22 juin 2016 », où j’ai successivement parlé de l’origine du café, de ses effets sur le cerveau et fait un retour d’expérience. ↩︎

  5. A l’AFUP Lyon, nous organisons une ou deux fois par an une soirée composée de 4 ou 5 conférences courtes. Nous en profitons généralement pour encourager des personnes qui n’ont jamais donné de conférence et voudraient se lancer. Bien sûr, nous proposons du mentoring pour celles et ceux qui le souhaitent ;-) ↩︎

  6. Encore une fois : répétez ! C’est à peu près la solution aux problèmes de timing ;-) ↩︎

  7. Comme exemples de conférences longues, j’ai été parler de « PHP 7 et évolution de PHP » à Nantes en 2015 et de « PHP 7.x en général » à Aix/Marseille puis Montpellier en 2017 — alors que je suis basé à Lyon. À chaque fois, j’ai posé des congés pour avoir le temps de faire le déplacement et les organisateurs ont dû payer le train et éventuellement l’hôtel… ↩︎

  8. Je ne parle pas de public, pour un atelier, mais de participants : avec une dizaine de personnes, les échanges vont dans les deux sens, chacun discute avec son voisin, vous pouvez plus facilement répondre aux questions ou passer voir une section de code problématique sur une machine donnée. ↩︎

  9. Une bonne approche est de fournir aux participants une machine virtuelle toute prête ou des instructions d’installation — et ce plusieurs jours à l’avance. ↩︎

  10. La réalisation de l’exercice constitue le gros de la durée de chaque slot. Je passe auprès de chaque participant régulièrement et donne des conseils à haute voix de temps, en temps en fonction de l’avancement de chacun et des difficultés rencontrées. ↩︎

  11. J’ai tendance à live-coder ma proposition de solution en commentant ce que je fais. J’explique ainsi comment j’arrive à celle-ci : c’est plus intéressant que si je la sors d’un chapeau ! ↩︎

  12. Par exemple, si le sujet de votre atelier est « coder un Hello World en PHP », ne présupposez pas que les participants maitriseront git (ni auront un compte github) et docker, ou qu’ils auront la dernière version de PHP installée sur leur machine. Je vous garanti que ça ne sera pas le cas ! ↩︎

  13. Les habitués qui vous suivent sur Twitter et sont les premiers à voir votre annonce ;-) ↩︎

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Speaker : le plan et le contenuhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-le-plan-et-le-contenu.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-le-plan-et-le-contenu.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-le-plan-et-le-contenu.html2017-09-05T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceVous avez rédigé une proposition de sujet, longue de quelques phrases. Celui-ci a été retenu par les organisateurs. Félicitations ! Vous avez maintenant beaucoup de travail à fournir avant d’avoir une conférence qui puisse être présentée devant son public !

Aujourd’hui, donc quelques mots sur le cœur de votre conférence : son plan, son contenu. Les grandes lignes sont fixées depuis l’instant où vous avez répondu au CfP… Mais tout reste à faire !

Bien avant de penser à comment vos slides vont rendre1, il est temps de réfléchir à votre plan. Où plutôt : de quoi allez-vous parler, précisément et dans quel ordre ?


Idéalement, lors de votre présentation, vous allez raconter une histoire2. C’est une bonne approche pour aider votre public à plonger dans votre sujet.

Dit plus simplement, vous aurez une progression dans votre présentation : une brève introduction, puis un moment pour expliquer où est-ce que les choses en étaient, ce qui allait ou non, avant de poursuivre sur ce qui a été fait pour arranger ça, à quoi vous êtes arrivé. Et vous finirez en indiquant que tout le monde est content, mais qu’il reste bien sûr des pistes d’amélioration.

J’ai volontairement schématisé à l’extrême, mais c’est presque ça ! Quelques exemples3, principalement sur des sujets techniques pour montrer que c’est possible4 :

  • Les nouveautés de PHP 5.6

    • Un rappel de ce qui est arrivé depuis PHP 5 (notamment les espaces de noms en 5.3 ou les générateurs en 5.5) : presque l’antiquité
    • Les nouveautés de PHP 5.6 plus en détail, avec leur utilité
    • Comment monter de version ?
  • À propos de notre environnement de développement (première édition)

    • Des machines virtuelles 100 % faites à la main, l’horreur
    • Passage à Vagrant avec des VM reconstructibles et automatisées
    • On commence à regarder Docker
  • À propos de notre environnement de développement (seconde édition)

    • Des VM à la main puis Vagrant, ça restait galère
    • Tout en Docker, avec un registre privé et tout !
    • On gère les dépendances entre containers nous-mêmes, on a donc encore du boulot pour que ce soit parfait
  • Où même sur le café et comment il agit sur le cerveau

    • Pourquoi je fais cette conf ? Le café, ça vient d’où, ça se produit comment ?
    • Quel effet sur le cerveau ? J’ai arrêté : un retour d’expérience.
    • Mais bon, j’ai rechuté ^^

Sur chacun de ces plans, j’ai à peu près suivi un déroulement logique, en racontant une histoire : d’où je venais, quelle progression j’avais suivie, où j’en étais arrivé et quel chemin je voyais encore devant moi. J’ai plaisir à croire que cela a rendu les conférences plus faciles à suivre, le public ayant des points d’ancrage auxquels se rattacher et une évolution et continuité entre ceux-ci.


Vous l’avez peut-être vu : j’aime bien une approche en trois parties. Un peu grossièrement5 et sans toujours m’en rendre compte, je cible souvent ce découpage :

  • Introduction = 1/8ème du temps
  • 1ère partie : le commencement, ce qui allait ou non = 1/4 du temps
  • 2nde partie : une première solution, “mais” = 1/4 du temps
  • 3ème partie : une autre approche, salvatrice = 1/4 du temps
  • Conclusion = 1/8ème du temps

Sur un sujet très technique, comme « les nouveautés de PHP 7.0 », c’est plus difficile… Et la seconde partie peut être nettement plus grosse que les deux autres, proportionnellement à son importance. Je la sous-découperai souvent en quelques gros blocs, comme « le typage », « la gestion d’erreurs », « les opérateurs », et enfin « le reste ». Regrouper les informations similaires mène à une présentation plus logique dans l’esprit du public et peut faciliter des transitions ou rappels en arrière façon « souvenez vous de ce qu’on a dit tout à l’heure ».


Une fois les grosses parties identifiées, j’aime laisser du temps à mon cerveau pour qu’il y réfléchisse en arrière-plan, sur quelques jours. Les moments sans rien à faire, où vous n’êtes pas déjà activement en train de réfléchir à quelque chose, sont assez merveilleux pour ce genre de réflexion6 ! Par exemple : sous la douche, sur le trajet qui mène au bureau7, juste avant de vous endormir…

Une fois que vous commencez à avoir quelques idées à l’esprit, c’est le moment de travailler à un plan un peu plus détaillé. Vous répartirez alors ces idées dans chaque section. Peut-être même, vous commencerez à les mettre dans l’ordre de votre présentation.

Au bout de quelques itérations, vous devriez avoir une bonne vue du contenu de votre conférence. Assez pour commencer à le partager avec une personne de confiance qui pourrait vous faire quelques retours, même !


Pour ma part, je déduis facilement les grandes parties de mon plan du sujet de ma présentation — peut-être parce que, lorsque j’ai rédigé ma proposition de conférence, j’ai déjà réfléchi à ses grandes sections.

Je note, dans un document texte8, un premier jet de titre pour chacune de ces sections. Et c’est tout !

Sur les jours ou semaines qui suivent, je repasse régulièrement sur ce document pour ajouter des notes : des idées pour chaque section, peut-être un plan plus détaillé avec des sous-sections, des idées de transitions, des informations plus précises trouvées dans un article ou un livre, des brouillons de schémas ou d’illustrations…

Quand je commence à avoir un plan qui me semble raisonnable et assez d’idées de contenus pour présenter mon sujet avec le niveau de détails que je souhaite (en prenant en compte la durée de ma conférence), il est temps de créer un premier jet pour mes slides. Ils seront moches, ne contiendront pas d’illustration, mais me serviront de support pour une première répétition orale.

Chaque répétition est l’occasion de voir si les idées s’enchainent bien, si les sections sont de la bonne durée, si des illustrations supplémentaires aideraient, si du texte doit être ajouté ou supprimé sur les slides. Bref, j’itère régulièrement, pendant plusieurs jours (ou semaines !).

Enfin, une à deux semaines avant la conférence, j’arrête de retoucher le plan, je ne change plus l’ordre de quoi que ce soit. Tout ce que j’accepte de faire, c’est répéter et retoucher des détails.


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Même si vous pouvez choisir de représenter votre plan sous forme de slides pour mieux le visualiser, d’autres approches sont tout aussi efficaces : post-its, dessins sur un tableau blanc, plan sous forme de titres dans un document markdown… En fait, utiliser des slides est peut-être la plus mauvaise approche possible ! En effet, vous voudrez conserver une partie de ceux-ci jusqu’au bout, alors que vous avez largement le temps de tous les jeter à la poubelle une ou deux fois… Et ne devriez pas avoir peur de le faire ! ↩︎

  2. Bon, j’admets : raconter une histoire, ce n’est pas toujours évident, surtout pour des sujets très techniques… Mais pourtant ;-) ↩︎

  3. Exemples quasi-réels, puisqu’ils correspondent à des sujets que j’ai abordés lors de plusieurs conférences, même si je ne les ai pas toujours présentés ainsi. ↩︎

  4. Et aussi, parce que je donne principalement des conférences autour de sujets techniques ^^. ↩︎

  5. À cette étape de l’élaboration d’une conférence, il est normal d’avoir un découpage grossier : il a encore (largement) le temps d’évoluer ! ↩︎

  6. Avoir de quoi noter pas loin est intéressant, pour mettre sur papier les bonnes idées avant de les oublier ! ↩︎

  7. Surtout si vous êtes à pied ou en transports en commun et que vous faites exactement le même trajet tous les matins : au bout d’un moment, votre cerveau le fera automatiquement et sera alors libre pour réfléchir à autre chose. Si vous êtes en voiture, certes, ce n’est peut-être pas tout à fait pareil. ;-) ↩︎

  8. J’utilise souvent le format markdown, qui permet d’avoir un peu de mise en page pour ces notes, sans non plus qu’elle soit source de distractions. ↩︎

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Speaker : après la conférencehttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-apres-la-conference.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-apres-la-conference.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-apres-la-conference.html2017-05-15T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceFélicitations !

Vous venez de parler pendant plusieurs dizaines de minutes, seul ou seule sur scène, devant plusieurs dizaines ou centaines de personnes. Vous avez réalisé un exercice difficile, vous avez partagé votre connaissance ou un retour d’expérience, ce n’était pas facile mais vous l’avez fait. Je me répête : félicitations ! Et merci ! Et pensez à profiter !


Votre travail en tant que conférencière ou conférencier n’est pas terminé pour autant. Après votre conférence, soyez disponible, ne vous réfugiez pas dans la salle réservée aux speakers.

Vous avez présenté votre point de vue pendant votre conférence. Même si vous avez proposé au public de poser des questions, peu de personnes osent se lancer alors que le reste de l’assemblée écoute. Mais plusieurs voudront peut-être discuter avec vous. Pour vous poser des questions en privé, pour avoir plus de détails sur un point que vous avez abordé, pour avoir votre avis sur une problématique similaire…

Les organisateurs souhaiteront aussi échanger avec vous. Ils vous demanderont de partager vos slides, de répondre à une interview, de leur faire un retour sur la gestion de la salle ou la température sur scène. Certains vous feront également passer des messages ou des demandes de contact.

Bref, restez visible après votre présentation, par exemple en vous positionnant à proximité d’un des espaces café ;-). Vous pouvez même annoncer, à la fin de votre conférence, que si des gens souhaitent vous parler, ils pourront vous trouver à cet endroit pendant les pauses.


Certains speakers, en particulier sur leurs premières interventions, vont commencer à douter alors que leur présentation vient à peine de se terminer. Je pense à des questions de ce type :

  • « J’ai parlé trop vite et j’ai fini 3 minutes trop tôt » — et bien, cela a fait quelques minutes de plus pour répondre à des questions, ou pour prendre un café avant la conférence suivante.
  • « J’ai oublié de dire un truc » — le public ne s’en est pas rendu compte : vous étiez le seul à savoir ce que vous aviez prévu de dire.

Avec l’expérience, vous deviendrez meilleur juge de la qualité de votre conférence. Mais pour les premières, vous n’êtes probablement pas le mieux placé pour déterminer comment elle a été perçue.

Sollicitez le public. Pendant que vous discutez sur la suite de l’évènement, posez des questions aux personnes que vous croisez. N’attaquez pas avec un « j’ai été mauvais c’est la fin du monde » qui est légèrement brutal (et souvent faux), mais plutôt en leur demandant si elles ont appris quelque chose1, si elles ont des conseils à vous donner2, sur le fond ou sur la forme.

Certains évènements formalisent un mécanisme de retours de la part du public. Des commentaires sont aussi publiés sur Twitter ou des blogs. Dans tous les cas, ne vous torturez pas l’esprit avec les petites choses qu’ont pas été ! Mais exploitez ces retours pour améliorer votre prochaine conférence ;-).


Voici quelques exemples de retours qu’on m’a déjà fait, un peu brutaux mais qui étaient constructifs et m’ont aidé à progresser :

  • « Tu as parlé beaucoup trop vite, tu as fait une conf de 40 minutes en 20 minutes, tu as assommé le public ». Bon, c’était ma première, j’étais stressé comme pas permis devant un amphi de plusieurs centaines de personnes, je n’avais jamais répêté à haute voix. J’ai veillé, sur les conférences suivantes, à préparer nettement plus et ça s’est bien mieux passé.
  • « Tes exemples de code sont longs et les slides pas affichés longtemps ». Je tâche désormais d’avoir des exemples plus courts (je peux ainsi utiliser une taille de caractères plus grande), ou de les afficher plus longtemps. Quitte à en avoir un ou deux de moins pour compenser.

Ne pas avoir fait une conférence parfaite, c’est tout sauf une raison pour abandonner. Au contraire, c’est comme ça qu’on progresse ! Par contre, jouez aussi votre rôle et apprenez d’une fois sur l’autre ;-). À l’inverse, avoir de très bons retours ne fait pas de vous un conférencier parfait non plus, sachez rester humble.


Vous avez donné votre conférence devant quelques dizaines ou quelques centaines de personnes. Mais il serait dommage que tout le travail que vous avez fourni (souvent plusieurs dizaines d’heures !) ne bénéficie pas à plus de monde !

Prévoyez donc de publier vos slides, quelques heures ou quelques jours après votre conférence. Les organisateurs vous demanderont même parfois explicitement de le faire. Toutefois, si vous avez choisi de travailler avec des slides minimalistes, il est probable que ceux-ci, seuls, ne soient pas très intéressants à lire. De belles images et quelques mots, c’est rarement assez pour remplacer votre discours !

Pour répondre à ce problème sans pour autant alourdir les slides que j’utilise comme support lors de ma conférence, j’ai tendance à écrire, sous forme de notes du présentateur, les informations que j’ai données à l’oral. J’insère également un slide au début de la version distribuée, pour indiquer comment accéder à ces notes. Rédiger ces notes du présentateur peut prendre un peu de temps, mais l’investissement vaut le coup pour les lecteurs3 !

→ Voici un exemple de slides avec notes du présentateur.

Si le sujet s’y prête, vous pouvez également choisir de rédiger un transcript de votre conférence. Typiquement, cela se traduit sous la forme d’un article reprenant chaque slide, accompagné d’un texte correspondant à votre discours.

→ Voici un exemple de transcript d’une de mes conférences.

Si vos slides ou votre transcript sont sur un projet open source, n’hésitez pas à indiquer si vous acceptez des pull-requests ;-)

Enfin : certaines conférences sont filmées et votre message peut ainsi être transmis par ce biais à un public plus large que vous ne le pensiez ! D’ailleurs, je vous encourage à regarder des vidéos de vos conférences4, vous y détecterez plein de petites choses à améliorer, comme des mots qui reviennent toutes les deux minutes, des « heeeeuu » désagréables…


J’aimerais dire que, enfin, ça y est, c’est terminé. Mais, en fait, non. Il reste encore plusieurs choses à faire, qui vont s’étaler sur plusieurs jours ou même plusieurs mois.

Tout d’abord, vous allez participer à des discussions autour du sujet de votre conférence. Certains vous en parleront sur Twitter, d’autres vous contacteront par mail avec des questions complémentaires. Autant que possible, si vous pouvez consacrer un peu de temps à répondre à ces questions ou à participer à ces conversations, c’est autant de bonnes expériences5.

Ses organisateurs d’autres évènements vous demanderont peut-être de venir redonner votre conférence6 ? Tirez profit des conseils et retours que vous n’aurez pas manqué de noter, pour améliorer votre conférence et l’enrichir. Donner plusieurs fois la même conférence est fort intéressant, pour deux raisons : elle est souvent meilleure la seconde fois et la présenter plusieurs fois permet de mieux rentabiliser le temps passé à la préparer.

Enfin, maintenant que vous savez que vous avez une conférence intéressante, proposez-là à d’autres évènements, en répondant à leurs CFPs ;-)


Pour résumer, après une conférence :

  • Félicitations !
  • Sollicitez des retours et des conseils.
  • Diffusez vos slides après les avoir enrichis. Rédigez un transcript.
  • Redonnez votre conférence !

Et, oui, vous serez fatigué ! Vous allez bien dormir, dans le train qui vous ramènera chez vous, content d’avoir partagé votre savoir et d’avoir permis à votre public d’apprendre !


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Que le public reparte en ayant appris quelque chose est un de mes principaux objectifs ! ↩︎

  2. Vous aurez encore plus de chance d’obtenir des retours / conseils si vous discutez avec quelqu’un qui a déjà donné une présentation. En effet, cette personne sait à quel point avoir des retours est difficile. Et important. ↩︎

  3. Je n’utilise que rarement les notes du présentateur pendant mes présentations, mais si vous choisissez de les utiliser, vous les aurez même rédigées avant votre conférence ;-) ↩︎

  4. Oui, je sais, se regarder en vidéo est difficile. Et c’est horrible tellement on voit de problèmes. Mais c’est en identifiant ces problèmes qu’on progresse ! ↩︎

  5. Je ne suis pas très bon là-dessus, j’ai un retard assez effrayant dans ma pile de mails auxquels répondre… Si vous êtes dans cette liste, toutes mes excuses ;-( ↩︎

  6. Par exemple, les organisateurs de l’antenne lyonnaise de l’AFUP contactent régulièrement des speakers locaux qui vont donner une conférence nationale, en leur proposant de venir la donner à Lyon une première fois. C’est gagnant-gagnant : cela permet au speaker de répéter une fois devant un vrai public et cela permet au public local d’assister à des conférences sans avoir à voyager. D’autres fois, ils vont proposer à des speakers locaux de redonner une conférence déjà donnée lors d’un évènement national↩︎

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Speaker : les slideshttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-les-slides.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-les-slides.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-les-slides.html2017-05-09T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferencePendant votre présentation, vous disposerez de slides pour appuyer votre discours. Toutefois, pensez que votre public est fort occupé : il doit suivre votre présentation et comprendre ce que vous dites !

Votre rôle n’est pas de commenter des slides. Votre rôle est de faire passer un message. Vos slides sont là pour fournir un repère visuel à votre public et pour insister sur les éléments les plus importants : jouez à la fois avec la vue et avec l’ouie ! Ils ne doivent cependant pas se substituer à votre discours1 !


Voici quelques recommandations un peu générales sur la forme, pour des slides qui me semblent compréhensibles lorsque je suis dans le public :

  • Limitez la quantité de texte.

    • Quelques mots par slide : cela permet au public de scanner rapidement et de tout de suite recommencer à vous écouter.
    • Quelques slides ici et là peuvent contenir vingt ou trente mots, mais cela doit rester rare — et il vous faudra laisser au public le temps de lire. Dans certains cas, vous lirez à haute voix en même temps (exemple : pour une citation).
  • Attention aux tailles, aux contrastes et aux couleurs.

    • Du texte en couleur pastel sur fond sombre rendra très bien sur l’écran de votre ordinateur… Et sera absolument illisible une fois projeté dans une salle où il ne fait pas sombre ! Au risque que ce soit moche, privilégiez le noir sur blanc ! Encore plus quand vous ne connaissez pas à l’avance les conditions de projection !
    • Si vous tenez vraiment à des couleurs risquées (typiquement : fond sombre), sachez comment revenir rapidement à du noir sur blanc2. Vous réaliserez peut-être que c’est nécessaire, lorsque vous testerez le rendu de votre premier slide sur le projecteur !
    • Écrivez gros. Plus gros que ça, encore ! Pensez que la salle de conférence peut être longue, l’écran trop petit, ou qu’une partie de votre public voit mal (que ce soit de la myopie ou juste de la fatigue).
  • Supprimez les animations !

    • Les effets de transition en 3D et de rotation entre deux slides, c’est mignon deux minutes, mais ça devient vite fatiguant (pour la concentration et pour les neurones), surtout si vous changez de slide toutes les 15 secondes !
    • Un GIF animé au milieu de votre présentation, OK c’est marrant. Une fois. Mais tant que vous avez une animation affichée à l’écran, c’est la moitié de la salle qui ne vous écoute plus3 : tout le monde ne sait pas à la fois regarder une animation et écouter votre discours.
  • En fait, supprimez tout ce qui n’est pas absolument nécessaire4 !

    • Vous voulez que le public se concentre sur votre contenu ? N’affichez donc rien de superflu qui attirerait l’oeil ailleurs.
    • Le numéro du slide courant n’apporte aucune information utile, ne l’affichez pas.
    • Les flèches de navigation qui figurent en bas de l’écran (avec reveal.js par exemple) ne servent pas au public et vous ne les utilisez pas non plus pour naviguer.
    • Les personnes présentes dans le public savent qui vous êtes (votre nom est inscrit sur le programme et vous vous êtes présenté ou vous avez été présenté par l’organisation), savent à quelle conférence elles assistent (c’était aussi écrit dans le programme et sur le slide projeté pendant qu’elles se sont installées), connaissent la date du jour… Vous n’avez pas besoin d’une ligne, en bas de l’écran sur chaque slide, pour reprendre toutes ces informations !
    • Vous n’avez pas non plus besoin d’afficher sur tous vos slides le logo de la conférence, ni celui de votre entreprise ou de votre projet. Le public les connait, sait où il est, et vous avez parlé de votre entreprise ou de votre projet lorsque vous vous êtes présenté.

Pensez que vous n’aurez pas accès à Internet lors de votre présentation. Vous devez donc avoir en local, sur votre machine, tout ce dont vous avez besoin pour votre conférence, y compris polices de caractères et vidéos. D’ailleurs, vous n’aurez peut-être pas non plus la possibilité de vous brancher sur le système audio de la salle5 (et les enceintes de votre PC portable ne seront certainement pas suffisantes).

Enfin, sur le design de vos slides, vous trouverez peut-être quelques conseils intéressants dans le livre Presentation Zen, de Garr Reynolds. Tout ne s’applique pas à des conférences techniques, mais j’ai apprécié sa lecture.


Pour ce qui est du contenu, mes slides ont deux objectifs :

  • Ils permettent d’appuyer sur les éléments importants, en fournissant un repère visuel.
  • Et ils sont aussi là pour compléter mes propos et mon discours oral.

Pour le premier aspect, j’utilise mes slides pour reprendre, en quelques mots, le coeur de l’idée dont je suis en train de parler. Je vais alors avoir de nombreux slides qui se succèdent — ou une liste de points sur un unique slide. Dans le second cas, pour éviter que le public ne passe un long moment à lire (sans m’écouter) lorsqu’un slide devient visible, je fais apparaitre les points au fur et à mesure de mon discours. Les informations visuelles arrivent ainsi au compte-goutte, en synchronisation avec le message oral qu’elles viennent renforcer.

Pour le second aspect, mes slides apportent une information qui complète ce que je dis. Assez souvent, il s’agit d’un exemple de code ou d’un graphique ou d’une photographie. Dans tous les cas, si ce qui est affiché est important, je vais laisse au public le temps de lire et de comprendre. Mes exemples de code sont donc courts (et je mets en évidence l’élément sur lequel j’insiste) et mes graphiques doivent être simples et ne présenter qu’une seule information.

Quoiqu’il en soit, un slide doit être minimaliste, pour être lu et compris par le public en quelques secondes — sinon, il est trop complexe !


J’espère que je ne vous ai pas fait peur avec les règles un peu strictes que j’ai évoquées jusqu’à présent ? Pour une présentation, il est aussi parfois important de se faire plaisir et de s’accorder quelques libertés !

Surprendre le public, sans toutefois en abuser, a des effets bénéfiques. Sans aller jusqu’à dire que vous allez réveiller le public, vous pouvez ré-attiser son attention. Ou le faire sourire ? Ou même lui rappeler une idée que vous avez évoquée un peu plus tôt et l’aider à faire le lien entre les différentes sections de votre présentation.

Par exemple, un slide très différent des autres attirera l’attention. Il poussera le public a vous écouter un peu plus attentivement, pour comprendre pourquoi quelque chose est subitement différent à l’écran.

Une idée qui se répête sur vos slides, peut-être par le biais d’une illustration qui en rappelle une précédente, permettra de créer un lien logique entre plusieurs parties de votre discours.

Enfin, si votre présentation consiste plus à raconter une histoire qu’à montrer une succession d’exemples de code, la projection d’une série d’images peut accompagner cette histoire dans l’esprit de votre public. En suivant cette idée, on peut arriver à une série de slides comportant uniquement une photo d’illustration accompagnée de quelques mots aidant à ancrer les idées dans le cerveau, l’essentiel des informations arrivant alors via le discours oral.


Les logiciels modernes de gestion de slides vous proposeront une fonctionnalité de notes du présentateur. Vous pourrez accompagner chacun de vos slides d’un texte ou de notes, qui ne seront visibles que par vous et ne seront pas projetés.

Cette fonctionnalité est fort pratique, en particulier si vous débutez ou manquez d’assurance. Elle peut vous aider si vous avez peur de vous perdre dans votre déroulé ou d’oublier des éléments importants de votre discours.

Toutefois, je n’aime pas les notes du présentateur ! En effet :

  • Vous connaissez votre sujet, vous avez répété plusieurs fois et vous savez où vous allez.
  • Vous avez vos slides comme guide, donc pas trop de risque de vous tromper quoi qu’il en soit ;-)
  • Ces notes sont accessibles seulement si vous restez derrière votre PC (vous serez donc restreint à un coin de la scène — et toutes les salles ne le permettent pas !) et demandent que vous regardiez votre écran (et pas votre public).

Et puis , si vous oubliez un point, ce n’est pas grave : le public ne sait pas ce que vous souhaitiez dire et ne s’en rendra pas compte !

Mon conseil, donc : passez-vous des notes du présentateur ! Dès vos répétitions, apprenez à faire sans. Vous serez ainsi beaucoup plus libre, sur scène, le jour où vous donnerez votre conférence.


On me demande souvent, avant ma conférence, combien j’ai de slides. J’ai plusieurs fois eu des organisateurs qui m’ont posé cette question et qui avaient l’air un peu paniqués devant ma réponse ^^.

Je ne pense pas qu’il y ait une bonne règle : ça va dépendre, énormément, du conférencier ou de la conférencière, du message, des exemples de code et des illustrations…

Quelques idées qui vous aideront peut-être :

  • Si vous avez un slide avec un exemple de code un peu long ou complexe, vous devrez le laisser affiché longtemps, pour permettre au public de le comprendre. Même chose pour une citation un peu tordue, en particulier en langue étrangère !
  • Si vous projetez uniquement de jolies images en même temps que vous racontez une histoire, vous aurez le choix entre en changer rapidement ou, au contraire, n’en changer que lorsque vous passez à une autre section de votre présentation.
  • Vous voudrez changer de slide, au minimum, à chaque fois que vous passez à une autre idée majeure de votre présentation. L’objectif étant alors de fournir au public une indication visuelle que vous ne parlez plus de la même chose.

Pour ma part (mais c’est très personnel), je ne m’inquiète pas si j’ai entre deux et trois slides par minute — alors que c’est considéré comme beaucoup par d’autres conférenciers ! En effet, mes slides ont souvent assez peu de contenu et je préfére en changer souvent. Quelques exemples :

  • Au Forum PHP 2016, j’avais 60+ slides pour 35 minutes de conférence : 1.7 slide/min.
  • À Nantes en septembre 2015, j’avais environ 190 slides pour une présentation d’une heure et demie : 2.1 slides/min.
  • Pour ma présentation sur “le café, drogue du développeur”, j’avais même 60 slides pour 12 minutes de conf : 5 slides/min !

Bref : le nombre de slides, c’est un détail. Ce qui compte, c’est votre discours et comment les slides le complètent.


Une autre question qui se pose souvent : quel logiciel utiliser pour les slides ?

Vous avez le choix : Microsoft Office ? Apple Keynote ? Libre Office ? Google Presentation ? Toutes ces solutions vous laissent une grande liberté pour le design, vous pouvez positionner chaque élément où vous le souhaitez… Mais c’est parfois un piège et il est facile d’avoir un titre de slide qui soit décalé de quelques pixels par rapport à celui du slide précédent (et sur écran géant, ça se voit).

Pour ma part, j’ai l’habitude d’utiliser reveal.js, qui permet d’écrire des slides en HTML tout en offrant la possibilité de styler en CSS et d’appliquer du JS — c’est par exemple pratique pour désactiver la coloration syntaxique de code au dernier moment si la luminosité de la salle est imparfaite, ainsi que pour diffuser les slides sur mon site (par contre, c’est moins sympa pour slideshare et autres).

Dans tous les cas, veillez à avoir une version de vos slides dans un format portable sur une clé USB6, au cas où vous deviez utiliser une autre machine que la votre pour projeter. Un format HTML est pratique pour cela. Avoir un PDF est également une très bonne habitude, même si l’export en PDF risque de perdre les éventuelles transitions et animations.


Tant que je parle de slides, voici encore un ou deux conseils qui vous aideront peut-être — je sais que je me suis déjà fait avoir ^^

Vous avez travaillé votre plan pendant plusieurs semaines, vous avez élaboré votre discours, vous l’avez répêté plusieurs fois et son déroulé commence à être naturel pour vous. À partir de la semaine qui précéde votre conférence, interdiction absolue de modifier votre plan ou de changer l’ordre de vos slides !

C’est en effet la meilleure façon de commencer à parler d’un sujet, puis de réaliser que l’ordre a changé et que le slide projeté n’est pas celui attendu et d’arriver à un grand « ah ben non je pensais que j’allais parler d’autre chose, ça c’est plus tard » en plein milieu de votre conférence. Ca ne fait pas très sérieux, évitez ;-)

Et puis, vraiment : vous avez bossé sur vos slides pendant longtemps, vous savez ce que vous avez voulu écrire. Donc : faites les relire par quelqu’un d’autre, qui ne les connait pas. Vous éliminerez ainsi quelques éventuelles fautes de grammaire et d’orthographe, qui font également mal au côté sérieux de votre présentation. Et, qui sait, la personne qui vous aidera ainsi détectera peut-être également des passages peu clairs à reformuler !


Votre travail n’est pas terminé quand la conférence est donnée !

Vous allez publier vos slides. Pour les rendre plus utiles, vous voudrez y ajouter des notes du présentateur, pour les expliquer et compenser le fait que les lecteurs n’auront pas votre discours oral.

Supprimez les animations (si vous en aviez laissé après ce que j’ai dit plus haut) : lorsque vous présentez, une animation à chaque changement de slide peut être acceptable si vous ne changez pas souvent de slide, mais la personne qui regardera vos slides sans votre discours peut vouloir les parcourir plus rapidement — auquel cas les animations deviennent vraiment perturbantes7.

Avant de distribuer les slides, vous souhaiterez peut-être y ré-intégrer un pied-de-page incluant le logo de la conférence ou de votre société, votre nom, le numéro du slide… Toute une série d’informations que vous aurez veillé à supprimer avant de présenter, mais qui peuvent avoir une valeur pour vous au moment de la diffusion.

Enfin, si vous avez le temps et si vos slides seuls n’apportent pas beaucoup d’informations et si votre contenu s’y prête, vous pouvez allez jusqu’à rédiger un transcript : pour chaque slide, quelques lignes de texte qui reprennent ce que vous diriez par oral si vous étiez présent à côté du lecteur. C’est un investissement en temps, mais il vaut le coup !


Pour compléter cet article, si vous souhaitez voir quelques exemples de slides où j’ai mis en place (ou non !) certaines idées évoquées ici, j’ai publié il y a quelques jours un autre article : critique de quelques slides.


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Si vous parvenez à faire passer l’intégralité de votre message dans vos slides, si votre présentation n’apporte aucune valeur supplémentaire, à quoi servez-vous ? ↩︎

  2. Selon le logiciel que vous utilisez pour vos slides, vous pourrez peut-être désactiver facilement la coloration syntaxique. Sinon, prévoyez d’avoir une seconde version de vos slides, plus neutre. Vérifiez, en avance, comment vos slides rendent dans votre salle ! ↩︎

  3. Traitez-moi de rabat-joie si vous voulez ^^. Mais j’ai vraiment du mal à me concentrer sur le discours du conférencier ou de la conférencière lorsqu’il y a une animation à l’écran en même temps — et encore plus si c’est le cas pendant la moitié de la présentation ! ↩︎

  4. Les logos de la conférence et de votre entreprise, votre nom, le numéro du slide courant… Ce sont des informations que vous ré-intégrerez peut-être à vos slides avant de les distribuer. Mais vous n’en avez pas besoin lorsque vous donnez votre conférence en live ! ↩︎

  5. Si vous avez besoin d’audio pour votre conférence, informez-en les organisateurs en avance : ils sauront vous dire si vous pouvez utiliser la sonorisation de la salle, si vous devez apportez des enceintes ou s’ils en auront pour vous, ou si vous devez carrément faire une croix sur cette idée (auquel cas vous serez content de le savoir en avance et de ne pas le découvrir au moment de présenter). ↩︎

  6. Cette clef USB devra être formatée avec un système de fichiers lisible sur un peu tous les OS — donc plutôt du vieux FAT32 (et pas du NTFS, ni de l’ext4, ni de l’extfat). ↩︎

  7. Il m’arrive encore trop souvent d’abandonner la lecture de certains slides à cause des animations. Si chaque slide ne contient que quelques mots, l’effet de transition entre chaque slide va durer plus longtemps que la lecture des slides ! Et trop d’animations perturbent la concentration et finissent par me donner mal au crâne. ↩︎

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Speaker : critique de quelques slideshttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-critique-de-slides.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-critique-de-slides.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-critique-de-slides.html2017-05-04T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceJe suis en train d’essayer de mettre sur écran quelques notes à propos des slides, pour ma série d’articles « speaker »1.

Je me suis donc amusé à re-parcourir les slides que j’ai utilisé pour plusieurs conférences passées. J’ai commencé par ma toute première il y a bientôt dix ans et je suis revenu jusqu’à ma dernière il y a quelques semaines. Je reproduis ici quelques slides de chacune de ces conférences, avec en-dessous quelques notes et critiques.

Vous en tirerez peut-être quelques éléments pour les slides de votre prochaine conférence… Et, quoi qu’il en soit, c’était un exercice intéressant pour moi aussi.


Forum PHP 2008 : les nouveautés de PHP 5.3

Pour commencer, voici quelques slides de ma toute première conférence. C’était au Forum PHP en 2008 (j’étais dans un amphithéatre de plusieurs centaines de personne, sur un événement payant de deux jours, pour une conférence d’une quarantaine de minutes ; pas de pression !) et je parlais des nouveautés de PHP 5.3, dont la sortie était prévue pour quelques semaines après.

Les slides complets

Je n’avais encore jamais donné de présentation de ce genre en public. Les seuls slides que j’avais créés dans le passé, c’était pour le boulot. Je n’avais à peu près jamais lu quoi que ce soit sur le sujet et je n’ai demandé à personne de relire mes slides ni de me donner un avis. Autrement dit, le combo total pour arriver à des slides imparfaits, comme vous allez le voir !


Slide n°001

Sur ce slide, qu’est-ce qui me choque ?

  • De la décoration inutile et fort chargée : logo et nom et année de l’événement (tellement gros que j’ai du le pousser vers le bas pour avoir un peu de place pour mon contenu), titre de la présentation, mon nom à moi — je me suis basé sur un modèle fourni par les organisateurs, sans oser faire table rase.
  • Plein d’informations différentes. Beaucoup trop pour le public.
  • Plusieurs types d’informations différents : des passages de texte, des portions de code (pas simples : il faut réussir à voir les noms de méthodes et de classes sous forme de variables, par exemple), des images, des résultats de code à la fois en commentaire dans le code et sur le screenshot à côté.

Si je devais me forcer à trouver un point positif : j’ai surligné la portion de code importante \o/. Et en fait, ça montre bien que, moi-même à l’époque, je me rendais compte que ce slide était complétement bordélique et que je savais que le public s’y perdrait. Je n’ai juste pas eu le courage d’agir et de le revoir complétement (exemple plus simple, découpage en plusieurs slides, …).


Slide n°001

Un slide complètement surchargé, avec quatre portions de code, dont une commune à trois versions de PHP et les trois autres spécifiques à chaque version. Et en plus un commentaire, en bas, que j’aurais pu ne donner qu’à l’oral.


Slide n°001

Huit sujets différents, sur un seul slide !

Aujourd’hui, ce découperais ce slide en au minimum deux, peut-être trois. Voire même plus si je souhaitais donner des exemples de code (mais ce sont des points mineurs par rapport au reste de la conférence, donc pas forcément besoin).


Slide n°001

Un seul slide, avec plus de 70 mots de texte !

Vous imaginez lire tout ça, sur un grand écran (qui n’était en fait pas tellement grand), alors que je suis en train de parler ? Au minimum, il m’aurait fallu découper ce slide en trois plus petits, pour éviter l’effet « mur de texte » et que les notes arrivent en même temps que les explications orales.


Bref, pour être franc : je regarde cette série de slides presque 10 ans après, je ne suis pas très fier de moi.


Forum PHP 2009 : bonnes pratiques de développement

Un an après, nouvelle conférence au Forum PHP. Toujours un événement de deux jours, payant. Mais, cette année, je passais dans une petite salle avec un public d’une cinquantaine de personnes seulement. Les organisateurs ont dû se dire que c’était plus sage — et mon sujet était moins vendeur que celui de l’année précédente.

Les slides complets


Slide n°001

Premier slide que je montre ici pour cette seconde conférence : il y a bientôt dix ans, il m’arrivait déjà de présenter une citation sur un slide, sans rien d’autre. Sauf qu’à l’époque, je laissais toute la décoration, que je ne mettrais plus aujourd’hui.

En fait, on retrouve la décoration présente dans les templates de slides fournis par les organisateurs de la conférence, je crois — templates que je n’ai pas eu le courage d’adapter ni éviter. Positivons tout de même : la décoration est sur ce slide un peu moins lourde que l’année dernière !


Slide n°001

Sur ce slide de contenu, la décoration redevient plus envahissante, avec :

  • Une accolade inutile à côté du titre du slide
  • Le titre de ma présentation, mon nom — sérieusement, le public les connait et n’a pas besoin qu’on lui rappelle à chaque slide !
  • Le numéro du slide : information absolument inutile.
  • Les logos de l’organisation et de la conférence — ça aussi, le public connait et il est inutile de leur donner autant de place sur les slides !

Sinon, une liste à puce, ça donne un guide au texte ; mais il y a un peu trop de mots sur ce slide à mon goût.


Slide n°001

Ici, j’ai noté des URLs en me disant qu’elles seraient intéressantes pour le public. Effectivement, elles sont intéressantes pour ceux qui liraient ces slides et voudraient cliquer dessus. Mais ces URLs sont beaucoup trop longues pour que quelqu’un les note lors de la présentation.

Aujourd’hui, je mentionnerais qu’il existe des standard pour chaque frameworks, sans donner les liens directement. Je mettrais ces liens dans les notes du présentateur, accessibles après diffusion des slides.


Slide n°001

À nouveau, une citation. Ou plutôt, deux citations qui se répondent. Les deux citations apparaissant simultanément sur un même slide, il manque un effet de suspens où la seconde, qui répond à la première, n’arrive qu’après un moment.


Slide n°001

Je crois que ce slide correspond à une des premières fois où j’ai reproduit un screenshot de mon environnement de travail. Il est assez bien ciblé et ne présente rien de superflu par rapport à mon discours l’accompagnant. Le texte est un peu petit, peut-être, mais difficile de faire bien mieux.


Apéro PHP à Lyon, en 2013 : PHP 5.5

Avançons de quelques années, jusqu’en 2013. J’ai présenté les nouveautés de PHP 5.5 à l’AFUP Lyon. Le contexte était un Apéro PHP : une trentaine de personnes, un événement gratuit, dans un café, une ambiance assez détendue et informelle.

Les slides complets

Pour la première fois, je n’utilise plus PowerPoint ni OpenOffice, mais reveal.js. Dans le principe, j’ai moins de liberté pour le formatage et le positionnement et je vais donc plus me conformer à un cadre identique pour tous les slides.


Slide n°001

Par raport aux slides présentés jusqu’ici, déjà, on remarque qu’il n’y a plus de logo ou de titre prenant la moitié de l’écran !

On retrouve encore le titre de la présentation, mon nom et mon twitter, qui ne sont pas vraiment utiles… Mais, au moins, ils sont plus discrets que précédemment. Même chose pour la barre d’avancement et les flèches de navigation, qui sont inutiles et attirent l’attention pour rien, mais moins que ce que j’avais jusque là employé.

Sur ce slide en particulier, je note que j’ai utilisé beaucoup trop de texte, qui fait beaucoup trop tassé. Au minimum, ceci aurait dû être découpé en deux slides.


Slide n°001

Nouvelle présentation pour les exemples de code : ces couleurs un peu pastel sur fond sombre rappellent celles que pas mal de développeurs utilisent pour leur IDE. Et rendent souvent très bien sur écran LCD… Moins bien dans une salle un peu lumineuse, où elles peuvent devenir complètement illisibles. Ces exemples sont aussi écrits un peu petit.

Sinon, le principe de présenter le code et sa sortie en deux blocs, c’est plutôt appréciable. Et l’exemple est court et facile à comprendre.


Slide n°001

Rien de plus à dire sur l’exemple de code.

Le point dommage ici est le retour à la ligne avant le point d’exclamation (en bas du slide, à la fin du texte). Je n’ai pas dû m’en rendre compte en créant le slide avec l’écran que j’ai chez moi, mais sur grand écran avec une résolution différente, c’est un détail qui attire un peu l’attention :-(


PHP Tour Lyon 2014 : nouveautés de PHP 5.6 et migration depuis PHP 5.3

Un an plus tard, une conférence nationale, plusieurs centaines de personnes (une centaine de places dans la salle où je présentais), un événement payant sur deux jours. Quelque chose d’un peu plus formel, donc.

Les slides complets

Par rapport aux slides précédents, vous noterez que j’ai supprimé mon nom, le titre du slide, … Ces informations peuvent être rajoutées au moment de la diffusion des slides, mais elles ne sont pas nécessaires lors de la présentation : elles polluent l’affichage et perturbent le public. J’ai également supprimé les flèches de navigation et je n’ai laissé que la barre d’avancement, en bas du slide, qui est assez discrète.

En arrivant le matin, j’ai pu faire le tour des lieux et voir la salle dans laquelle j’allais donner ma présentation. Le fond de la salle était une grande baie vitrée, sans rideau ni store. Autrement dit : une salle très lumineuse. Et l’écran sur lequel j’allais projeter était assez petit, alors que la salle était assez profonde.


Slide n°001

J’avais prévu la même présentation que plus haut pour mes exemples de code : fond sombre, couleurs pastel… Avec une salle lumineuse, ça aurait été complètement illisible pour le public. Donc, j’ai retouché les slides un peu en urgence pour modifier la présentation des exemples de code :

  • Texte noir sur fond blanc : ce qui passe le mieux quand la salle est un peu trop lumineuse, puisque c’est ce qui donne le plus de contraste.
  • Taille de police plus grande : pour que les slides soient lisibles depuis le fond de la salle.

Il reste un cadre gris clair autour de l’exemple de code… Je n’ai pas eu le temps d’arriver à un meilleur rendu sur le temps dont je disposais — ce n’est pas très joli, mais au moins le slide est lisible.

J’ai fait un test juste avant ma conférence : OK, ça allait, même depuis le fond de la salle. Et sinon, je savais comment faire pour agrandir encore un peu le texte.

Une petite chose à reprocher à cette présentation, tout de même : un peu de mise en évidence serait bienvenue sur un ou deux points, pour montrer immédiatement le nouveau mot-clé présenté par ce slide.


Slide n°001

Ici, je pense avoir été au plus simple : un graphe, simple à comprendre, sans fioriture. Et même si les numéros de versions en bas sont écrit petit, le discours oral les redonnait.

Si je devais retoucher quelque chose ? Je crois que je supprimerais le titre du slide, qui n’apporte pas d’information. Et j’essayerais d’agrandir le graphique, pour qu’il prenne tout l’écran.


Slide n°001

À nouveau, deux citations qui se complètent. Présentation simple. Ce slide est un rappel du prédédent où seule la première partie de la citation figurait. Sinon, j’aurais fait apparaitre la seconde portion après un court délai.

Je regrette un peu le cadre gris que je n’ai pas eu le temps de supprimer lorsque j’ai refondu les slides en noir sur blanc dans l’urgence. Tant pis, pas très grave, il se voit à peine.


Slide n°001

Un peu plus haut, je montrais un slide avec des URLs très longues. Beaucoup trop longues pour être notées par le public.

Ces URLs courtes sont beaucoup mieux ici, vous ne croyez pas ?


Slide n°001

J’arrive enfin à un slide liste à puces qui me convient ; je crois que c’est le premier de cette série :

  • Un titre simple et clair, impératif.
  • Un nombre de points correct : plus de 3 et moins de 5.
  • Un peu de gras au milieu pour insister sur un point.
  • Un petit clin d’oeil au public pour terminer ;-)


Slide n°001

À nouveau, une portion de capture d’écran de mon IDE.

Notez que j’ai fortement zoomé dans l’IDE pour avoir une taille de police lisible (sauf pour le tooltip, que j’ai lu à l’oral pour compenser — la version de PhpStorm de l’époque avait un petit défaut à ce niveau, visiblement). Et le texte est sur fond clair, ce qui tombe bien par rapport à la forte luminosité de la salle.

J’aurais pu supprimer le titre. Et peut-être même la ligne d’explication, puisque j’ai indiqué à l’oral à quoi correspondait cette capture d’écran. Tant pis, ça va aussi comme ça.


Slide n°001

Une autre liste à puce, à peu près la même taille que la précédente. Ce slide visait à souligner que ce que je disais n’était pas toujours facile à mettre en application, mais (opposition) qu’il y a un gain à le faire.


Mini-conférence à Lyon en 2016 : le café, drogue du développeur

Je passe ensuite à une conférence courte (une douzaine de minutes), la dernière d’une série de plusieurs conférences allant chacune de 10 à 20 minutes. Un événement gratuit, devant un public d’une soixantaine de personnes.

L’ambiance était informelle et j’étais là pour terminer la soirée et détendre un peu l’atmosphère après plusieurs présentations techniques (bon, pas non plus pour faire le clown : le but était tout de même d’apporter de l’information au public).

Les slides complets


Slide n°001

Je voulais montrer le fonctionnement du café (de la caféine) sur le cerveau, par rapport à l’adénosine et aux récepteur d’adénosine. J’avais une idée de schéma à main levée sur un bout de papier, mais pas moyen de trouver une illustration (j’en voulais plusieurs qui se suivent, même) sous une licence qui me convienne.

J’aurais pu essayer de faire un dessin super sérieux. Je n’y serais pas arrivé (je n’ai pas vraiment de talent à ce niveau là ^^). Quitte à arriver à quelque chose de moche, j’ai joué le jeu à fond et j’ai fait une série de schémas sous Paint. Bah l’information est passée, c’est ce qui compte ;-)

Et j’ai compensé l’aspect graphique (que j’assume pleinement — et je referais pareil !) avec une petite blague sur mon statut d’auto-entrepreneur et ma disponibilité pour aider à revoir la charte graphique de divers sites.


Slide n°001

Dernier slide de la présentation, l’occasion de rappeler qui je suis. En restant dans le sujet de la conférence, pour l’illustration de fond.

Complément sur le thème visuel : j’avais déjà utilisé des photos de stormtroopers sur quelques autres slides, donc ça restait dans une suite logique. Et j’en avais également utilisé lors d’autres conférences dans le passé.


Forum PHP 2016 : notre environnement de développement n’est plus un bizutage !

Pour cette conférence, j’ai repris le sujet d’une conférence que j’avais déjà donnée deux ans et demi plus tôt, en binôme à l’époque (d’où le titre). Déjà en 2014, Julien et moi étions partis sur l’idée de raconter une histoire en illustrant avec des stormtroopers (je disais juste au-dessus que j’en avais déjà utilisé ;-) ). J’ai continué dans la lancée, j’avais beaucoup aimé cette conférence !

Les slides complets


Slide n°001

Donc, dès le premier slide : stormtroopers ! Et avec une illustration pas trop sérieuse, qui montre que les images projetées vont souvent être là… Pour faire joli, presque, alors que je raconterai surtout une histoire — et donc, le message est moins ce qui est projeté que ce que je dis.


Slide n°001

À nouveau, une citation. Impossible de faire plus simple comme slide. C’est parfait, c’était le but : montrer une phrase qu’on m’avait dit, en grand, sans rien pour faire penser le public à autre chose.


Slide n°001

Le slide qui suit la citation : ma réaction. L’illustration colle très bien avec le sentiment que je voulais faire passer : en entendant la citation que je venais de présenter, j’ai un peu paniqué !


Slide n°001

Pour présenter la société où j’ai vécu ce que je racontais pendant cette conférence, je suis resté sur mon idée de stormtroopers. Tout en essayant de coller au mieux au contexte de l’entreprise : je bosse dans le livre numérique — j’ai fait avec les illustrations que j’ai trouvé, sans la partie numérique.


Slide n°001

Ici encore, une illustration qui n’est pas indispensable (le public comprend le message oral sans voir l’image, si besoin), mais la photo colle très bien avec la partie de l’histoire que j’étais en train de raconter, tout en restant encore dans le thème.

Le texte n’est pas trop long et met en évidence les points douleurs : le PC fixe et la longue durée d’une semaine.


Slide n°001

Pour ce slide, je voulais illustrer le fait que la solution qu’on avait en place, c’était un peu le bordel. L’image correspond assez bien ;-)

Je savais que la conférence aurait lieu dans un amphithéatre, dans une salle sombre, avec un peu de lumière m’éclairant moi mais ne visant pas l’écran — des conditions idéales pour des slides riches en illustrations. Je n’aurais peut-être pas pris le risque d’utiliser des slides avec autant d’images si je n’avais pas su que j’aurais de telles conditions pour présenter.


Slide n°001

Au moment de montrer des exemples de code, j’ai besoin que le public se concentre sur l’exemple et pas sur une jolie image d’arrière-plan. J’évite complétement le risque de distraction en ne mettant pas du tout d’image et en utilisant à la place un fond uni. Le contraste visuel avec les slides précédents attire également l’oeil du public, l’incitant à regarder ce slide plus sérieusement que les autres.

Les jolies images ça va très bien pour accompagner une histoire racontée à l’oral ; mais lorsque le slide présente une information importante qui doit être lue, c’est à cette information d’être mise en avant et plus à une image.


Slide n°001

Retour à l’histoire, avec une illustration qui peut faire passer une certaine émotion : l’idée de progresser petit à petit, pas à pas — qui est exactement le message que je cherche à faire passer à ce moment.


Meetups en région, printemps 2017 : les nouveautés de PHP 7.x

Pour terminer, quelques slides d’une présentation que j’ai donnée au printemps 2017 à deux meetups locaux. À chaque fois une cinquantaine de personnes, conférence en début de soirée, événement gratuit.

Les slides complets

Les captures reproduites ici correspondent à la version publiée des slides. La ligne avec le titre de la présentation, mon nom et la date, ainsi que les flèches de navigation, en bas des slides, n’était pas affichée lors de la présentation.


Slide n°001

Pour les exemples de code, je suis revenu à l’idée de texte en noir sur fond clair. Un peu de gris plutôt que du blanc, pour moins risquer d’éblouir le public.

J’ai ici commencé à utiliser un léger surlignage pour mettre en évidence le point central de quelques exemples. Je pense que je continuerai à faire ainsi dans le futur, l’idée me semble intéressante.


Slide n°001

Un peu la même chose : un exemple court, le surlignage des éléments importants. Et un second bloc en dessous du code, pour reproduire la sortie obtenue.


Slide n°001

Lors de cette présentation, je voulais présenter quelques retours d’expérience d’autres personnes que moi-même. Le format « tweet intégrant un screenshot » s’y prêtait bien : on y voit la personne qui s’exprime, le graphique important qui donne l’information voulue au premier coup d’oeil, et un bref commentaire explicatif.

Je suis passé par une capture d’écran du tweet, pour ne pas dépendre de l’accès Internet qui aurait été requis pour montrer le tweet en live. Côté négatif : la prochain fois que Twitter change son rendu, ce slide fera vieux. Mais au moins il reste disponible même en cas de problème chez Twitter.


Slide n°001

Voici une des plus longues listes à puces que j’ai utilisées pendant cette présentation. Cinq points, c’est à peu près ma limite (et encore, chaque point ne fait que quelques mots).


Slide n°001

Une autre liste à puces, bien plus courte, qui donne quelques exemples de solutions qui peuvent répondre à la phrase en gras — qui est le coeur de ce slide.


En résumé

En re-parcourant, plusieurs années après, ces différentes séries de slides, que puis-je noter ?

J’ai commencé avec des slides ayant énormément de contenu : du texte, des images, de longues portions de code, … En fait, des slides qui sont plus des documents à parcourir à tête reposée que des supports à projeter pendant une conférence ! Ces slides correspondaient à ceux que j’avais l’habitude de créer au bureau, où ils étaient lus après-coup par plus de personnes que le public qui venait assister en live aux présentations !

Ces premiers slides témoignaient d’un manque de confiance en moi : j’avais tellement peur de ne pas savoir quoi dire que je ressentais le besoin de tout avoir à l’écran, comme support pour moi-même ! Sans penser que cela allait assommer le public, ni que j’avais la possibilité d’exploiter les notes du présentateur. Ce manque de confiance, c’est aussi la raison pour laquelle je laissais les différents logos et noms d’événements : je n’osais pas retoucher les modèles qui m’étaient proposés par les organisateurs.

Depuis, j’ai progressé vers des slides beaucoup plus simples, avec beaucoup moins d’informations affichées. Je suis persuadé qu’ils permettent à mon public de mieux se concentrer sur l’idée centrale, au lieu d’être submergé et de ne pas réussir à choisir entre lire des dizaines de mots ou écouter mon discours.

Ces slides sont moins utiles pour celles et ceux qui les liraient après la conférence — mais je compense en donnant de nombreuses informations sous forme de notes du présentateur (que je n’utilise plus moi-même pendant la conférence), accessibles également aux lecteurs. Et pour des conférences où je raconte une histoire, il m’arrive de rédiger un transcript reprenant celle-ci.

Est-ce que mes slides sont parfaits ? Probablement pas. Est-ce qu’ils sont plus clairs et plus agréables aujourd’hui qu’il y a dix ans ? Je pense que oui. Est-ce que lorsque je relirai ceci dans dix ans je me dirai que j’ai à nouveau beaucoup progressé et que mon moi d’aujourd’hui était encore bien ignorant ? J’espère bien !


Vous avez déjà donné une conférence ? Je vous encourage à parcourir vos slides, vous en tirerez certainement des informations utiles ;-)

Et pourquoi ne pas rédiger un petit article de critique comme celui-ci ? Je suis sûr qu’il serait intéressant à lire et qu’il montrerait à celles et à ceux qui n’osent pas se lancer qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des slides parfait pour transmettre un message !


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Et il y a tellement de choses à dire, sur les slides, que j’ai beaucoup de mal à finir cet article, sur lequel je bosse par intermitence depuis maintenant plusieurs semaines ;-( ↩︎

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Speaker : le jour J !https://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-le-jour-j.html?utm_source=rss2&utm_medium=feed&utm_campaign=/post/speaker-le-jour-j.htmlhttps://blog.pascal-martin.fr/post/speaker-le-jour-j.html2017-03-21T00:00:00+00:00Pascal MARTINspeakerconferenceVoici enfin venu le jour J !

Vous avez préparé pendant des semaines ou des mois, vous avez répété plusieurs fois, vous êtes sur place, votre matériel est prêt… Il reste juste à parler !


Quelques cas de figure :

  • Passer le premier jour : le meilleur cas possible pour moi ! Une fois ma conférence donnée, je peux me détendre et profiter plus sereinement de la suite de l’évènement. J’ai aussi plus de temps pour discuter avec les visiteurs ou répondre à des questions suite à ma présentation.
  • Un matin : dans la même veine, je profite mieux de l’après-midi si j’ai déjà donné mon talk.
  • Le second matin : après une soirée communautaire ? Pas toujours facile de réveiller le public ! Veillez à abréger les festivités, pour être en forme !
  • Dernière demi-journée : dommage, vous allez penser à votre conférence pendant toute la durée de l’évènement ^^

En fait, vous aurez rarement le choix du moment où vous donnez votre conférence, qui s’inscrit dans un programme défini par l’équipe d’organisation. À vous de vous adapter !


Avant l’évènement, j’ai exporté mes slides et autres supports vers une clé USB. Je garde celle-ci dans ma poche — et pas dans le sac de mon PC. Cela peut servir si ma machine tombe en panne au mauvais moment ou si je l’égare1.


Le jour où vous présentez votre sujet, vous serez stressé.

Le niveau de stress varie selon les personnes, mais il ne sera probablement pas nul, en particulier si c’est votre première fois2 ! Et j’ai envie de dire que c’est normal : notre éducation nous a rarement encouragés à prendre la parole en public.

Ce stress se manifeste différemment chez chacun. Voici quelques possibilités :

  • Vous pouvez être réveillé de bon matin — ça m’arrive3 quand ma conférence est en début de journée. En prévision : couchez-vous tôt la veille au soir, pour être suffisamment reposé quoi qu’il arrive !
  • Vous aurez peut-être subitement la bouche complètement sèche. Difficile de parler dans ces conditions. Ayez une bouteille d’eau à proximité4 !

Au risque d’avoir l’air un peu bête aussi : le stress5 peut jouer sur la vessie ou sur le système digestif. Allez aux toilettes avant votre présentation !


Alors que le stress commence à monter, il m’arrive de sauter la session qui précède la mienne. J’en profite pour m’isoler et bénéficier d’un peu de calme6 ou pour discuter avec quelques personnes7. Puisque quasiment tout le public assiste à la conférence en cours, c’est un bon moment pour faire le tour des sponsors.

Vous êtes le mieux placé pour connaitre vos besoins, mais selon : mangez peut-être un bout (mais pas trop !) une ou deux heures avant votre tour sur scène, pour éviter de vous retrouver à court d’énergie en plein milieu de votre présentation ;-)

Enfin, pour les drogués, sachez où vous en êtes de votre consommation de caféine (idem pour les fumeurs, j’imagine), pour éviter le crash pendant que vous présentez… Même si l’adrénaline donne un coup de boost salvateur.


Le moment de passer sur scène approche ! Voici quelques étapes préparatoires que je reproduis quasi systématiquement :

  • Sur mon PC, je ferme tout, sauf ce dont j’ai besoin pour présenter. Je vise à éviter toute notification qui ne devrait pas s’afficher et cela fera autant de programmes qui ne viendront pas ralentir ma machine ou manger de l’autonomie.
  • Je bascule en mode avion, quand je n’ai pas besoin d’accès Internet pour ma présentation. Là aussi, j’économise de la batterie. Cela réduit également les risques qu’un truc essaye de se mettre à jour ou qu’une notification s’affiche.
  • Je conserve à proximité : télécommande sans fil, adaptateur VGA — j’ai parlé plus longuement du matériel il y a quelques jours.

Je sais combien de temps mon ordinateur tient sur batterie dans des conditions de présentation8. Je sais donc si j’ai ou non besoin de le brancher au secteur. Et je tâche d’arriver avec une batterie pleine.


Lorsque vient le moment de vous installer — en avance, si la salle est libre :

  • Si vous le pouvez et sauf si vous avez au moins le double du nécessaire sur batterie, branchez votre PC au secteur
  • Connectez votre machine au projecteur. Vérifiez que l’écran s’affiche en entier, avec un ratio et une résolution acceptables, que la captation vidéo9 fonctionne.
  • Si vous avez besoin de son pour votre présentation10 : faites les branchements, un test pour vérifier le volume (vous aurez donc prévu un extrait spécialement pour) et le bon fonctionnement de la captation audio.
  • Débarassez-vous de tous vos accessoires et stockez-les dans le sac de votre ordinateur11 : portefeuille qui prend de la place dans la poche, montre qui brille sous les projecteurs, téléphone qui peut vibrer et/ou causer des interférences avec le micro, tour de cou / collier / chaine qui risqueraient de venir taper dans le micro, porte-clé ou pièces qui font gling-gling quand vous marchez…


Enfin, le feu des projecteurs ! Tous les regards sont tournés vers vous ! Ça y est : le moment de parler !

Avant d’attaquer, je respire un grand coup. Et j’essaye ensuite d’appliquer les principes suivants :

  • Parler à haute voix, en articulant.
  • Parler assez lentement12 pour être compris par le public : je connais mon sujet, mais les personnes qui m’écoutent auront besoin de réfléchir en même temps qu’elles écoutent.
  • Je tâche de ne pas donner plus d’informations que prévu lors des répétitions. Sinon, je dépasserai le temps qui m’est alloué et je ne pourrai pas finir ma présentation !

Par rapport à mes slides et au contenu de ma conférence :

  • Je regarde mes slides le moins possible. Si je regarde l’écran derrière moi, je tourne le dos au public et c’est désagréable pour l’assemblée ! Au maximum, je vérifie occasionnellement que le bon slide est affiché, que le bouton « slide suivant » de ma télécommande a bien fonctionné.
  • Je veille à ne pas lire mes slides — sauf pour des définitions très précises : les membres du public voient ce qui est affiché et n’ont pas besoin que quelqu’un leur prononce. Par contre, ils écouteront des informations et explications allant plus loin que ce qui est projeté ! Des slides qui ne contiennent que très peu de texte aident fortement, sur cet aspect.
  • Je ne lis pas les notes du présentateur affichées sur mon PC : je connais le sujet et n’ai pas besoin de ce support.

Et si j’oublie de donner une information ? Tant pis ! Je suis le seul à le savoir et l’audience ne se rendra pas compte que j’avais prévu, lors des répétitions, de dire quelque chose de plus !

Enfin, si je dis une bêtise ou si je bafouille un instant… Le public ne s’en est pas forcément aperçu et me pardonnera. Au pire, je fais une pause, je respire un grand coup, j’attends cinq secondes pour me calmer. Et ça repart !

Et je bois régulièrement une gorgée d’eau, pour m’humidifier la bouche — cela aide à parler plus clairement. Je bois généralement à la fin de chaque partie de ma conférence : cette petite pause accentue l’idée que j’ai fini de traiter un sujet et que je vais en attaquer un autre. Elle permet également à l’audience de réfléchir quelques secondes sur ce que je viens de présenter et aide à mentalement tourner la page.


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Je n’ai encore jamais perdu de PC en conférence. Mais sous l’effet du stress, j’ai déjà vu des gens oublier momentanément où ils avaient mis leur sac. Le risque de vol est généralement faible, mais c’est arrivé sur certains évènements. ↩︎

  2. Prendre la parole en public n’est toujours pas naturel pour moi, même si je le fais régulièrement depuis bien 10 ans — et je ressens encore du stress avant, à chaque fois. Je le masque un peu mieux avec l’expérience et je sais que ça se passera bien, mais je ne suis pas détendu pour autant ! ↩︎

  3. Je suis parfois réveillé vers 4h30 ou 5h quand ma conférence est le matin… Et quasi impossible de retrouver le sommeil, ou je dors de toute manière ensuite très mal. ↩︎

  4. Pas trop proche de l’ordinateur ni du projecteur, la bouteille d’eau : avec le stress, vous pourriez rater un mouvement et la renverser. J’aime poser la mienne par terre ou sur une autre table. ↩︎

  5. Même indépendamment du stress, vous ne voulez pas être sur scène pendant une demi-heure en devant retenir votre vessie. Ce n’est pas drôle, croyez-moi — et vous aurez bien assez d’autres préoccupations comme ça ! ↩︎

  6. S’isoler n’est pas forcément une approche qui réussit à tout le monde. Chez certains, cela peut surtout vous donner l’occasion de vous poser plein de questions et de remettre la moitié de votre discours en cause — et ce n’est vraiment pas le moment ! ↩︎

  7. Discuter peut aider à penser à autre chose. Ça fait du bien, juste avant de se lancer ! ↩︎

  8. Avec un écran externe branché (ça peut jouer sur la carte graphique utilisée), avec une télécommande (donc ondes radio), en mode avion si possible… ↩︎

  9. S’il y a captation vidéo de votre conférence, un organisateur sera souvent présent pour s’en occuper. Il est là pour vous aider ;-) ↩︎

  10. Aujourd’hui, peu de présentations nécessitent un système audio. Si c’est le cas de la vôtre, vérifiez avec les organisateurs, avant l’évènement, qu’ils pourront vous fournir le matériel requis et/ou que la salle est équipée. ↩︎

  11. Le sac de votre ordinateur restera généralement à proximité de la scène. Vous pouvez donc y placer des objets de valeur. ↩︎

  12. Je sais que je parle assez vite et que le stress me fait accélérer, donc je tâche de faire tout particulièrement attention à mon rythme de parole. ↩︎

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