Speaker : la séance de questions / réponses

14 mars 2017 speaker, conference

Lors de ma toute première conférence, j’étais terrorisé à l’idée de devoir répondre à des questions du public1. Aujourd’hui, j’ai plus confiance en moi et ça va nettement mieux — mais pourtant, je souhaite toujours, ou à nouveau — éviter cette phase de ma conférence.


Certains évènements vous demanderont de prévoir un temps de questions/réponses à la fin de votre présentation, à décompter de la durée de la conférence2.

D’autres ne donneront pas d’indication et vous laisseront libre ; mais le public est habitué à pouvoir poser quelques questions et sera surpris si vous ne lui offrez pas cette possibilité, en particulier si vous n’avez pas utilisé tout le temps qui vous était alloué.

Pour ma part, je raisonne ainsi :

  • Si le public est réduit, la durée souple et le cadre informel3, j’indique dès le début de ma présentation que j’accepte les questions pendant que je parle, puisque nous sommes là pour échanger.
  • Pour une conférence plus formelle, si l’évènement le demande ou que ça semble être dans les habitudes, je réserve quelques minutes à la fin de ma présentation pour essayer de répondre à quelques questions.
  • Si mon speech a duré longtemps ou si la conférence ne prévoit pas de temps de questions/réponse, je peux déclarer, explicitement, que je ne prendrai pas de questions.

Dans tous les cas, j’indique que je suis disponible pour discuter : après ma conférence sur le devant de la salle, puis pendant toute la durée de l’évènement (souvent à proximité d’une réserve de café) — et qu’il ne faut absolument pas hésiter à venir me voir, au contraire !


Entre la fin d’une présentation et la première question, il y a souvent un petit instant de flottement : le temps qu’une première personne ose lever la main et qu’un organisateur lui passe un micro. Je viens de parler pendant plusieurs dizaines de minutes, j’ai la bouche sèche et je profite donc de cette courte pause pour boire quelques gorgées d’eau.

Quand une question arrive, une bonne habitude est de la répéter. Cela montre que vous l’avez comprise ou, du moins, indique à quoi vous allez essayer de répondre. Si la question est longue, vous pouvez la reformuler : cela vous permettra de la découper en plusieurs sous-questions plus courtes et plus simples, à la fois pour vous et pour les autres membres du public.

La tentation de répondre vite pour se débarrasser de la question est grande, mais j’essaye, autant que possible, d’attendre quelques secondes. Cela permet au public d’assimiler la question… Et j’ai ainsi plus de temps pour y réfléchir, menant à une meilleure réponse que si j’avais prononcé la première pensée qui me traverse l’esprit !

Enfin, une petite astuce : je garde la bouteille d’eau à proximité. En cas de question un peu complexe, je bois une nouvelle gorgée : cela me permet de meubler pendant que je réfléchis quelques secondes de plus !


Je n’ai pas une réponse magique qui m’assurerait de toujours savoir répondre — et j’ai toujours un doute quant à ma capacité à improviser. Toutefois, je sais que :

  • Sauf à avoir dit une grosse bêtise pendant ma présentation, le public n’est pas malveillant et il est rare qu’une personne cherche à vous piéger4.
  • Les questions sont liées au sujet de la conférence et je sais de quoi je parle, je connais le sujet. C’est pour ça que je suis là !
  • Malgré tout, j’ai le droit de ne pas savoir : personne dans le public ne s’offusquera si je ne sais pas répondre à une question5 !
  • J’ai aussi le droit de botter en touche ou d’indiquer que je ne souhaite pas répondre à une question6 — auquel cas j’invite souvent la personne qui l’a posée à venir me voir après la conférence pour qu’on en discute.

Parfois, le public ne pose pas de questions. Peut-être que personne n’ose, ou le sujet est encore trop neuf pour avoir été mis en application, voire c’est l’heure de la sieste… Pour ce type de situation, je prépare un peu de contenu en avance : soit pour amorcer les choses7, soit pour apporter quelques informations complémentaires qui seraient normalement venues en réponse à des questions.


Lors de mes premières conférences, j’appréhendais la phase de questions/réponses : j’avais peur de ne pas savoir répondre, de ne pas savoir quoi dire. Maintenant, avec un peu plus d’expérience, ça va nettement mieux et je sais que je m’en sortirai, même si je ne sais pas répondre à certaines questions.

Cela dit, je n’aime toujours pas cette étape — en fait, je n’aime à nouveau plus cette étape ! Pourquoi ? Un peu en vrac, quelques éléments :

  • Une question correspond à un cas très précis. La question est intéressante pour la personne qui la pose (et parfois pour moi également !), mais pas pour la plus grande partie du public, dont le besoin n’est pas suffisamment proche.
  • Quelqu’un met longtemps à présenter son cas. Au moment où je récupère la parole, au fond de moi, je pense « heu, OK, c’est quoi la question en fait ? ». Ce n’est pas très drôle et ça déçoit tout le monde : celui qui a posé la question a l’impression que je n’ai pas compris et le reste du public a arrêté d’écouter.
  • Parler en public est difficile et n’est pas naturel. Poser une question, c’est prendre la parole devant plusieurs dizaines ou centaines de personnes. Ceux qui ont des questions intéressantes n’osent donc souvent pas les poser.
  • L’organisateur qui tient le micro doit courir dans toute la salle pour le donner à chaque personne qui pose une question. Cette personne a déjà commencé à parler et recommence (ou pas). Ou alors, sans micro, la personne ne parle pas assez fort8 et je ne comprends pas la question — la moitié du public non plus.

Bref, je ne suis pas convaincu que terminer par une tentative de séance questions/réponses soit la meilleure conclusion à une conférence — et il m’arrive maintenant, lorsque le format de l’évènement m’y autorise, de sauter cette étape.


Dans tous les cas, je me rends disponible après ma conférence pour discuter avec qui le souhaite ! C’est l’occasion de répondre à des questions qui n’auraient pas été posées en public ou d’approfondir certains points — et, peut-être, de nouer de nouveaux contacts.

Si la salle n’est pas immédiatement occupée par une autre conférence, je reste à proximité de la scène pendant quelques dizaines de minutes. Et au moment de conclure ma présentation, j’ai répété qu’il ne faut pas hésiter à venir me voir et que je serai souvent au niveau d’un des espaces de distribution de café !


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Bon, en fait, j’étais terrorisé tout court, rien qu’à l’idée de devoir parler en public. Et j’ai « tué mon public » tellement efficacement que je ne crois pas avoir reçu de questions… 

  2. Vous devrez tenir compte de la durée attendue pour cette phase de questions / réponses lorsque vous préparerez votre conférence, qui sera donc plus courte que vous ne le pensiez au départ ! 

  3. Avec dix à vingt personnes, dans un cadre détendu, les membres du public osent plus facilement intervenir que dans un amphithéatre où ils sont plus éloignés du conférencier. 

  4. D’une part, vous avez rarement une personne malveillante dans le public. Et, d’autre part, quelqu’un qui poserait une question visant ouvertement à vous piéger s’exposerait également au jugement du reste du public. 

  5. Auquel cas, il suffit d’avouer qu’on ne sait pas répondre à cette question (parce qu’on n’a jamais été face au cas, parce qu’on n’a jamais eu le besoin…). Attention à ne pas donner une réponse au hasard qui serait à côté de la plaque

  6. Il y a des sujets dont je peux souhaiter ne pas parler, ou ne pas parler en public. Par exemple, je ne balancerai pas le nom d’un prestataire ou collègue ayant fait une boulette, ça n’avancerait à rien et ne serait pas juste

  7. Une idée qui permet parfois de réveiller le public est de poser une question attendant une réponse à main levée — ou, mieux, à main baissée pour pousser tout le monde à bouger. Par exemple : « Levez la main, tous ! Allez, on lève la main ! Et maintenant, ceux qui n’ont jamais utilisé XYZ baissent la main ! OK, je vois qu’un tiers de la salle connait. Vous avez utilisé ce truc, je sais ce que c’est… Et je suis convaincu que vous avez quelque chose à partager ! » 

  8. Quand on est dans l’audience, difficile de juger à quel point il faut parler fort pour être entendu depuis la scène et le reste de la salle — y compris par les gens assis au fond ou derrière la personne qui s’exprime. 

Speaker : combien de temps ça prend ?

9 mars 2017 speaker, conference

« Donner une conférence », combien de temps est-ce que cela prend ?

Préparer une conférence me demande régulièrement plus de vingt à trente heures de travail. Et le temps total va plus loin que les seules étapes de préparation !

Pour cet article, je me place dans le cadre d’une conférence assez formelle qui fait partie d’un évènement de deux jours, dont l’entrée peut être payante1. Dans la communauté PHP, pensez au PHP Tour ou au Forum PHP.


Si j’essaye de lister les différentes étapes du travail préparatoire d’un sujet, j’arrive aux principaux points suivants :

  • Réflexion en arrière-plan quand le cerveau est libre (en marchant dans la rue, dans le métro, sous la douche…), en notant des idées de temps en temps : quelques minutes ici et là, potentiellement pendant plusieurs mois2.
  • Préparation d’un plan grossier : deux heures étalées sur une semaine. En somme, je remets en ordre les idées notées au-dessus, pour arriver à quelque chose qui tienne la route. C’est le genre de chose que je fais souvent en prenant 1/2h sur la pause midi. Y revenir plusieurs fois permet d’itérer en améliorant et précisant à chaque fois le plan et son déroulé, tout en continuant à réfléchir en arrière-plan entretemps.
  • Préparation du discours et du contenu des slides : ça varie beaucoup selon les sujets et les conférences, mais comptons 15 à 20 heures sur deux ou trois semaines. Le but de cette étape et d’élaborer tout le contenu de la présentation, tant au niveau du discours oral que des slides qui viendront l’appuyer ou le compléter. C’est à ce moment-là que je vais m’assurer que les différentes parties s’enchainent bien et de manière logique et qu’elles soient toutes de la durée que je souhaite leur accorder. Cela inclut donc au moins une répétition complète pour voir le timing, plus des répétitions de quelques slides pour voir leurs enchainements ou s’ils supportent bien ce que je dis.
  • Sur un sujet que je connais très bien, je n’ai que peu de travail de recherche à faire et ne devrai consacrer que quelques heures à écrire mes exemples. Si j’ai besoin d’approfondir pour maitriser mon contenu, je prévois du temps de recherche : quelques heures à quelques dizaines d’heures.
  • Je vais ensuite pouvoir consacrer entre quelques heures et une dizaine à l’aspect plus visuel de mes slides. C’est ici que je vais travailler mes schémas ou que je vais rechercher un thème graphique. Par exemple, j’ai passé des heures à rechercher les photos de stormtroopers utilisées pour notre environnement de développement n’est plus un bizutage !, Forum PHP 2016, Paris.

Je rédigerai peut-être quelques notes complémentaires à propos du contenu d’une conférence et des slides, dans un moment.


Une fois ma présentation prête et mes slides terminés, je consacre du temps à répéter :

  • Au moins une répétition complète pour moi tout seul. Je prévois le double de la durée de la présentation : je me prépare avant (y compris installation du PC + branchement d’un écran + télécommande) et j’ai toujours des notes à prendre et des points à retoucher ensuite.
  • Sur une conférence importante, je répète une ou deux fois de plus, plus une fois devant du public. Donc j’ajoute entre trois et quatre fois la durée de la présentation.

J’ai parlé plus longtemps de ceci : pour une bonne conférence, répétez !


Vient ensuite le jour de la conférence, qui va inclure :

  • le temps pris par la conférence ;
  • un moment d’échange avec le public ;
  • le déplacement aller+retour ;
  • l’éventuel manque à gagner en ne bossant pas pendant ce temps.

Je ne compte pas vraiment ceci comme du temps passé pour ma conférence, puisque c’est généralement inclus dans le temps total de l’événement — auquel j’assiste : je n’y vais pas uniquement le temps de donner ma présentation.


Et enfin, après la conférence, ce n’est pas terminé et j’ajoute encore :

  • Retoucher un peu les slides avant leur diffusion3, principalement pour ajouter des notes du présentateur qui serviront aux lecteurs : entre deux et cinq heures.
  • Rédaction d’un transcript, pour que le travail de préparation profite au plus grand nombre : là aussi, entre deux et cinq heures.
  • Un peu de communication autour de tout ça, réponse à quelques questions (mails, twitter…) : entre une et trois heures.

Là aussi, je noterai peut-être quelques idées dans un prochain article au sujet de ce qui vient après la conférence.


Ma fourchette est assez large, mais en calculant la somme des différentes durées citées ci-dessus, je dois passer entre vingt-cinq et cinquante heures pour une conférence de quarante-cinq minutes !


La durée nécessaire à la préparation d’une conférence dépend de la personne, de son niveau de confiance, du temps qu’elle est prête à y consacrer et du cadre de la présentation. Pour avoir d’autres avis que le mien, j’ai demandé sur Twitter ce qu’en pensaient d’autres personnes. Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des nombreuses réponses qui m’ont été données.

Pour commencer, pour un aperçu du ressenti :

Ensuite, plusieurs durées allant de quelques heures à plusieurs semaines de travail :

  • Guillaume Thirard : « une prés sur les API en interne, j’ai mis environ 20h pour faire la v1 »
  • Frédéric Bouchery : « Pour ma part, c’est plutôt une vingtaine d’heures :( »
  • Nicolas Hoffmann : « ça peut varier de qq heures à beaucoup beaucoup plus »
  • HTeuMeuLeu : « En moyenne, 1 jour initial plus 1 jour par tranche de 10 minutes (soit 4 jours pour une conf de 30 minutes, 6 jours pour 50) »
  • Numipage : « 15 20 heures pour une première présentation »
  • Remi Collet‏ : « chez moi 1’ de prez => 1 diapo => 5-10’ de préparation »
  • Anaël ICHANE : « 2 jours à une semaine »
  • Xinity : « pour une conf de 40min environ, 2 week-ends pleins en moyenne :-) »
  • Jean-Pierre Vincent‏ : « je compte entre 20 et 40 heure pour des talks de 25-25 minutes »
  • Raphaël Yharrassarry : « Une semaine pour une conférence de 45 min »
  • David Leuliette‏ : « Je dirais 2 semaines histoire de faire murir l’idée… Mais j’ai jamais vraiment timetrack la chose »
  • Sébastien Rogier : « j’étais aux alentours de 80/100h sur mon retour d’XP sur la webperf (c’était la première aussi) »
  • Mère Teresa : « 1 an »
  • Brice Favre : « grosso modo 10 à 15% du temps qui s’est écoulé entre le moment où je sais que suis pris et celui où je la donne », soit si « 60 jours => 6 jours de réflexions/préparation/écriture/répétitions »

La connaissance initiale du sujet entre en jeu :

  • Xavier Leune : « je dirais 8h environ sur un sujet jamais abordé »
  • Boris : « je pense que ça serait jouable en 7-8h quel que soit le format, si tant est que j’ai moi-même posé le sujet (que je connais) »
  • Alexandre 🐿 BALMES : « De 1H (un truc normal ou que je maitrise à fond) à très beaucoup (parce que faut valider le moindre point) »
  • Sébastien Desbenoit : « Cela dépend de la connaissance initiale du sujet : d’une dizaine d’heures à près d’un an »
  • Mikael RANDY : « présentation à la ConFoo, je dirais entre 50 et 100h », pour « une conf « retour d’XP », donc sans la phase « apprentissage » »

Donner plusieurs fois la même conférence permet souvent d’améliorer le retour sur investissement :

Au-delà de la présentation en elle-même, le matériel complémentaire (des exemples, un atelier, des illustrations…) est à préparer :

  • Jiminy Panoz : « pour un atelier de 2h30 j’en suis à 2 semaines (et je n’ai pas encore préparé les matériaux) »
  • Stéphanie Walter : « conf de 30min sans trop d’illustration/ démo: 48h cumulé Conf 45 min démos et illustrations: 72h voir + » et « 30min ou 45 min x 2 répétitions aussi :) voir x3 » pour arriver à « si tu bosses 8h/jrs je suis à 1 à 3 semaines de boulot “qui serait facturé à un client” mais en perso »
  • Remi Grumeau‏ : « preparer un talk de 20min sur l’IoT a pris qq heures, alors que sur deviceLight plus. jours a coder »

Beaucoup de réponses, donc, qui vous permettront sans doute de vous faire une bonne idée. Même s’il n’y a pas de chiffre vraiment absolu et que ça varie entre 10 heures et 100 heures, j’ai le sentiment que tout le monde est d’accord sur « longtemps » !


Quoi qu’il en soit, par défaut, comptez que vous allez y passer beaucoup de temps. Vous y mettre la veille n’est pas une bonne idée ; et si vous n’y avez consacré que quelques heures alors que c’est votre toute première conférence, c’est probablement que vous devriez répéter encore une ou deux fois ;-)4


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. C’est pour ce type d’intervention et de cadre que je passe le plus de temps en préparation, dans la plupart des cas. Une conférence moins formelle me demandera généralement moins de travail de préparation. 

  2. Certaines idées de sujets demandent plusieurs mois pour murir, avant d’arriver à un stade où je suis prêt à les proposer en réponse à un appel à speakers ! 

  3. Vous pouvez aussi choisir de diffuser vos slides avant la conférence (cela peut aider le public à mieux les suivre, par exemple si l’écran est petit), auquel cas cette étape viendra plus tôt pour vous. 

  4. Ou alors, vous faites partie de ceux et celles pour qui parler en public est naturel et pour qui ça se passe très bien du premier coup — et vous avez bien de la chance ! 

Speaker : le déplacement, l'hébergement, le diner, l'apéro…

6 mars 2017 speaker, conference

Autour d’une conférence, en particulier pour les évènements de plusieurs jours ou dans une autre ville que celle où j’habite, je dois me déplacer, peut-être dormir à l’hôtel. Les organisateurs prévoient aussi parfois un diner pour l’ensemble des conférenciers et conférencières.


Avant ma conférence, j’ai bien assez de soucis comme ça. Voyager, c’est rajouter du stress, surtout à cause des potentiels retards ou annulations.

Je voyage donc la veille et je passe la nuit sur place1. Je n’ai ainsi pas à me lever tôt pour prendre le train2, je peux dormir plus longtemps, je peux aller diner la veille au soir avec d’autres personnes que je ne vois que trop rarement.

Certains évènements prévoient d’ailleurs un diner pour l’ensemble des membres (conférenciers et conférencières + équipe d’organisation), considérant que tout le monde arrive la veille et sera sur place.

En parlant de diner : avant tout, vous êtes là pour donner une conférence. Peut-être le lendemain matin ? Peut-être tôt, même ? En conséquence, soyez raisonnable et veillez à dormir suffisamment !


Pour ce qui est de l’hébergement, maintenant.

Assez souvent, pour les évènements de grande envergure, les organisateurs de la conférence vous auront réservé une chambre d’hôtel. Ils connaissent en effet l’hôtel, il est proche du lieu où vous devrez vous rendre le lendemain, les chambres sont correctes et ils négocient peut-être un prix de groupe.

Un piège dans lequel je suis tombé plusieurs fois à mes débuts3, quand je n’avais pas encore l’habitude de dormir à l’hôtel : la climatisation. En arrivant dans la chambre, il faisait un peu chaud, je mettais la clim assez fort, je m’endormais… Et je tombais malade. À chaque fois. Et parler pendant 45 minutes en ayant de la fièvre, peut-être mal à la gorge et le nez qui commence à couler, ce n’est pas exactement marrant ni facile !

Donc : ne poussez pas la clim ! Je la règle désormais à 23-24°C, ce qui est un peu chaud par rapport à mes habitudes, mais je ne suis pas retombé malade à l’hôtel depuis plusieurs années.

Ça ne fait pas partie de mon matériel, mais @tut_tuuut complète : « boules quiès parce que l’isolation phonique n’est pas toujours top dans les hôtels ».


Au matin, je me lève tôt4 et je prends une bonne douche chaude pour me réveiller et me détendre.

J’enchaine avec un petit déjeuner copieux5 pour faire le plein d’énergie — je sais que j’en aurai besoin. Et je prends mon temps pour ce petit-déjeuner, j’en profite pour discuter avec d’autres organisateurs / speakers pour me changer les idées.


Pour finir : beaucoup d’évènements sur deux jours organisent une soirée communautaire entre les deux jours.

Allez-y6 ! Vous rencontrerez plein de monde, verrez ou reverrez plein de gens qui font le même métier que vous !

Bien sûr, comme pour le diner dont je parlais plus haut, soyez raisonnable si vous donnez votre conférence le lendemain ;-)


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Certes, si ma conférence est l’après-midi et qu’il n’y en a pas d’autre à laquelle je souhaite assister le matin, je peux voyager le matin plutôt que la veille. Même chose pour une présentation donnée le soir, je peux voyager dans l’après-midi. Ça économise une nuit d’hôtel et une demi-journée de congés. 

  2. Pour une conférence en région parisienne qui ouvre ses portes à 8h30 et commence à 9h, je dois prendre le TGV de 6h à Lyon. Et donc, partir de chez moi vers 5h15. Ce qui signifie me lever vers 4h30. Pas idéal pour être en forme. Et si le train a un quart d’heure de retard, je rate le début des conférences — ça m’est arrivé ! Heureusement, je ne donnais pas la première présentation de la journée ! 

  3. Au début de ma vie professionnelle quand j’ai commencé à me déplacer chez mes clients ou mes partenaires, ou quand j’ai participé à mes premières conférences — les deux coïncident à peu près. 

  4. De toute façon, je suis naturellement réveillé tôt si j’ai ma conférence dans la journée, merci le stress ! 

  5. Oui, je prends un petit déjeuner copieux à l’hôtel avant ma conférence… Alors que je ne petit-déjeune quasiment jamais chez moi. 

  6. Ce type de rendez-vous n’est pas trop dans votre nature ? Je vous comprends : il y a du monde, du bruit, ça parle fort… J’ai toujours du mal à y aller. Mais je ne regrette jamais d’avoir fait l’effort ! Pour éviter de vous dégonfler au dernier moment, dire à plusieurs personnes dans la journée « on fait départ groupé à 19h dans le hall de l’hôtel ? » est une très bonne solution : quelqu’un pensera probablement à vous pinguer au moment du départ, si vous n’y êtes pas ;-) 

Speaker : pour une bonne conférence, répétez !

2 mars 2017 speaker, conference

Si vous n’avez pas l’habitude de parler en public et si vous ne deviez entendre qu’un seul conseil, je vous dirais : « répétez ! »


En tant que speaker, répéter votre conférence vous permet :

  • De bien connaitre votre présentation, de savoir dans quel ordre les points s’enchainent. C’est ainsi que vous arriverez à des transitions naturelles.
  • D’avoir à l’esprit votre fil conducteur et vos principaux arguments. Vous pourrez alors parler en regardant votre public, au lieu de sans cesse revenir aux notes du présentateur.
  • De maitriser votre timing. Votre conférence ne sera donc pas interrompue avant la fin car durant trop longtemps.

Pour ajouter un dernier point, peut-être le plus important si vous débutez : chaque répétition1 vous fera gagner en assurance. C’est en répétant que vous deviendrez convaincu du fait que vous connaissez votre sujet et que vous êtes capable de le présenter, sur la durée qui vous est allouée.


Comment est-ce que je répète mes conférences, dans quelles conditions ?

Et bien, j’essaye de me rapprocher au maximum des conditions du jour J :

  • Je suis debout, dans une pièce assez calme sans musique ni TV, et je parle à haute voix.
  • J’utilise un matériel similaire à celui du jour J. En particulier, une télécommande pour passer d’un slide au suivant.
  • Je note l’heure2 à la fin de chaque section, pour ensuite calculer le temps passé sur chaque partie. Je sais ainsi quelles sections doivent être raccourcies ou allongées.
  • Je me comporte comme si je parlais à un public : je regarde là où seraient assis des gens, j’articule pour être compréhensible, je prononce des transitions entre chaque section.
  • Je me permets éventuellement d’essayer quelques pointes d’humour : autant éviter de les improviser devant un public, des fois ^^

Au risque d’avoir l’air un peu bête : être debout et bouger les bras me rapproche des conditions réelles dans lesquelles je présenterai ma conférence. Je ne parle pas à la même vitesse lorsque j’articule à haute voix et quand je parle dans ma tête ! Et certaines idées semblent parfaites dans ma tête, mais les prononcer prouve que je dois les retravailler.

Bien sûr, rien ne remplace parler devant des gens, à la fois pour s’habituer au stress que cela provoque et pour avoir des retours, commentaires et conseils. J’essaye donc, une fois ma conférence prête de :

  • La présenter à des vrais gens : collègues de travail, personne qui s’est proposée pour du mentoring…
  • La donner une première fois dans un cadre familier. Pour une conférence majeure, l’idéal à mes yeux est de la jouer à un usergroup local, quelques semaines avant la conférence nationale.


La question suivante est « combien de fois répéter ? »

Pour moi, la réponse dépend du type de conférence et des attentes des organisateurs et du public :

  • Pour une conférence formelle, dans un grand amphithéâtre3, devant plusieurs centaines de personnes ou dans le cadre d’un évènement payant ou d’une journée entière : le public s’attend à ce que la présentation soit assez carrée et je peux avoir besoin de me rassurer. Je vais donc répéter ma conférence intégralement, plusieurs fois — mettons entre 3 et 5 fois.
  • Pour une conférence plus détendue, comme un évènement d’une ou deux heures, en soirée, généralement gratuit4, je m’oriente sur quelque chose d’un peu plus souple. Je vais avoir tendance à répéter une ou deux fois certains passages, peut-être une fois la conférence entière. Mais rarement plus : je m’accorde un peu plus de liberté.
  • Enfin, pour un cadre informel et une présentation plus courte5, souvent devant une quinzaine de personnes avant de partager un verre ou un repas, je me permets de ne répéter qu’une fois ou même aucune : l’ambiance est plus détendue, laisse plus de place à la semi-improvisation. Je connais mon sujet et j’ai mes slides pour me guider, ça me suffit.

En complément, je vois trois raisons qui influent sur mon nombre de répétitions :

  • Lorsque la durée de la conférence est strictement fixée (par exemple, parce qu’une autre conférence suit), je vais répéter jusqu’à atteindre la durée attendue, à une ou deux minutes prêt. Pour une présentation qui doit durer 40 minutes et pas plus, je répète et itère sur le contenu jusqu’à tenir entre 38 et 39 minutes.
  • Lorsque j’ai confiance en moi parce que j’ai déjà donné une conférence similaire (ou plusieurs sections de cette conférence) auparavant, je répète moins.
  • Il y a quelques années, j’avais besoin de répéter un plus grand nombre de fois pour avoir confiance en moi. À l’inverse, j’ai maintenant besoin de répéter plus pour être satisfait de mon speech. À moi de trouver un juste milieu.

Si vous êtes débutant, que vous n’avez pas l’habitude de parler en public et que c’est quelque chose qui ne vous est pas naturel, vous répèterez probablement quelques fois de plus aujourd’hui que dans cinq ans ;-)


Pour terminer, un dernier conseil : ne répétez pas trop non plus, vous risqueriez de ne plus êtes naturel du tout lorsque vous donnerez votre conférence. Et, surtout, n’apprenez pas par cœur : avec le stress le jour J, vous risquez de vous perdre dans vos pensées et de prendre un grand coup de panique6.


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Sauf peut-être la toute première, mais c’est normal : c’est celle qui va mettre en évidence les points sur lesquels votre déroulé ne tient pas la route ;-). Mieux vaut que ça soit dans votre salon lors d’une répétition et pas sur scène devant votre public ! 

  2. Noter l’heure est une opération simple qui ne demande pas de réfléchir. Cela me permet de rester dans le flow de ma répétition — alors que calculer depuis combien de temps je parle me forcerait à réfléchir et me ferait perdre le fil de ma présentation. 

  3. Je pense par exemple à des conférences que j’ai données au Forum PHP, au PHP Tour. Des évènements sur deux jours, payants, dans des salles pouvant recevoir plusieurs centaines de personnes. 

  4. Je pense ici à des meetups que de nombreuses communautés locales organisent une fois par mois, avec une conférence gratuite d’une à deux heures, en soirée. En province, le public de ce type d’évènement regroupe souvent entre 30 et 80 personnes. J’ai par exemple déjà animé des conférences de ce type avec différentes antennes (Lyon, Nantes, Marseille/Aix, Montpellier…) de l’AFUP. 

  5. Par exemple, j’ai à l’esprit à un évènement du genre « apéro PHP », où dix à vingt personnes se retrouvent dans un bar pour discuter — avec parfois une présentation peu formelle pour lancer la soirée. 

  6. Si jamais le coup de panique survient (ça peut arriver même sans par cœur) : faites une pause, respirez un grand coup (sisi, vous avez le droit !). Et, seulement après plusieurs secondes, reprenez. Ça ira bien mieux ainsi, croyez-moi ! 

Speaker : quel matériel lorsque je suis conférencier ?

1 mars 2017 speaker, conference

J’ai pris mon PC portable1 pour toutes les conférences où j’ai présenté un sujet : aucune n’avait fait le choix de fournir un PC déjà en place.

Un PC branché et configuré dans la salle de conférence pourrait simplifier le passage d’un conférencier à un autre. Encore plus si tous les slides étaient préchargés dessus la veille. Mais cela signifierait imposer le matériel et le logiciel2 et qu’aucun conférencier ne retouche ses slides au dernier moment… Difficile.

Donc, lorsque vous animez une conférence, amenez votre PC portable. Si vous n’en avez pas et que vous ne pouvez pas en emprunter un pour la durée de la conférence, indiquez-le aux organisateurs à l’avance et ils parviendront sans doute à vous en trouver un.


Un ordinateur portable requiert de l’électricité.

Plusieurs paramètres à considérer :

  • Votre machine restera allumée entre quelques minutes et une heure avant le début de votre conférence : le temps de vous mettre en place et de régler ce qui doit l’être.
  • Sa consommation peut être plus élevée que d’habitude et l’autonomie sera donc réduite en conséquence. Brancher un projecteur passe parfois par l’activation de la carte graphique (au lieu du chipset intégré), le wifi peut être de mauvaise qualité, vous jouerez sur la luminosité de l’écran pour parvenir à le lire, la télécommande sans fil consomme elle aussi…

En fonction de votre batterie, prenez votre chargeur. Et ayez une rallonge avec vous3, puisque vous serez peut-être loin des prises électriques.


Les projecteurs de salles de conférence sont en VGA ou en HDMI4. Ils sont encore majoritairement en 4/3 mais je commence à voir du 16/9ème. Les organisateurs sauront peut-être vous l’indiquer à l’avance.

Si votre PC n’a pas de port VGA, ayez un adaptateur mini-DVI → VGA ou HDMI → VGA dans votre sac, vous éviterez ainsi toute mauvaise surprise.

Dans tous les cas5, vérifiez à l’avance que votre PC est capable de basculer vers la sortie vidéo que vous utiliserez, dans le mode que vous souhaitez : affichage dupliqué ou étendu, en 16/9ème et en 4/3, avec différentes résolutions…

Si vous le pouvez, testez votre branchement au projecteur avant votre passage, par exemple en profitant d’une pause entre deux autres conférences ou en arrivant tôt le matin.


Une télécommande sans fil vous permettra de vous déplacer sur scène : vous pourrez passer d’un slide à l’autre sans revenir à chaque fois vers votre ordinateur.

Avec cet accessoire, vous ne resterez donc pas bloqué dans un coin de la scène sans oser le quitter — et vous ne vous retrouverez pas piégé à un bout de l’estrade, à devoir courir vers l’autre bout pour changer de slide ! C’est également quasi-indispensable dans certaines salles où le PC est situé à proximité du projecteur, loin de là où vous aimeriez vous positionner par rapport au public.

Je ne peux plus donner de présentation sans une télécommande ! J’utilise actuellement une Logitech R800 qui est vraiment sympa6 et j’avais auparavant une Logitech R400 nettement moins couteuse. Sur demande, les organisateurs en ont parfois ou sauront peut-être vous pointer vers quelqu’un qui pourra vous prêter la sienne.

À vous de voir si vous avez besoin d’une souris. Pensez qu’un de vos ports USB de votre PC est occupé par le récepteur de la télécommande et que vous n’aurez peut-être pas de place pour la poser7.


J’ai fait le tour du sac avec lequel je me déplace lorsque je suis conférencier et, pour résumer, voici ce qu’il contient :

  • Ordinateur portable
  • Chargeur + rallonge électrique
  • Adaptateur HDMI → VGA
  • Télécommande sans fil

Libre à vous de vous inspirer de cette liste… Puis de l’adapter en fonction de votre expérience ;-)


Je participe occasionnellement à des conférences. Cet article fait partie d’une série où je partage mon expérience de speaker, en espérant que ces retours et/ou conseils vous aideront à vous lancer !



  1. Mon PC perso la plupart du temps ; ou mon PC pro pour certaines conférences où c’était plus approprié. 

  2. Faut-il choisir un PC ? Sous Windows ? Sous Linux ? Quelle distribution ? Ou un Mac ? Et quels logiciels doivent être installés ? En quelle version ? 

  3. Encore que, pour la rallonge, les organisateurs y auront souvent pensé, puisque ce besoin est commun à tous les intervenants. 

  4. Les projecteurs portatifs récents ont une entrée HDMI en plus de l’entrée VGA. Les modèles fixes des grandes salles de conférence sont souvent anciens ou ne sont câblés qu’en VGA. 

  5. En particulier si vous êtes sous Linux, où les choses se sont améliorées ces dernières années mais ne sont pas encore parfaites… Connaitre quelques commandes xrandr reste utile… 

  6. Laser vert nettement plus lumineux qu’un laser rouge (et visible sur un écran de TV ou d’ordinateur), timer intégré avec vibreur avant la fin du compte à rebours, indicateurs de batterie et de portée… 

  7. En particulier si votre PC est posé sur un pupitre, puisque ceux-ci sont souvent étroits.